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Du mensonge en politique #1

Les relations publiques ne sont qu’une variété de la publicité ; elles proviennent donc de la société de consommation, avec son appétt immodéré de produits divers à distribuer par l’intermédiaire d’une économie de marché. Ce qui est gênant, dans la mentalité du spécialiste des relations publiques, c’est qu’il se préoccupe simplement d’opinions et de “bonne volontés”, des bonnes dispositions de l’acheteur, c’est-à-dire de données dont la réalité concrète est presque nulle. Il peut ainsi être amené à considérer qu’il n’y a aucune limite à ses inventions, car il lui manque la faculté d’agir de l’homme politique, le pouvoir de “créer” des faits et, en conséquence, cete dimension de la simple réalité quotidienne qui assigne des limites au pouvoir et ramène sur terre les forces de l’imagination. Hannah Arendt, Du mensonge en politique

Futures of cities

A l’occasion du 51ème congrès IFHP ayant eu lieu à Copenhagen, Monday Morning, un think thank de là haut, à consulter une cinquantaine d’acteurs importants du monde de l’architecture et de l’urbanisme pour répondre à la question des villes durables. Le résultat a été synthétisé en 10 règles que voici :
  1. rediscover th city
  2. redefine city value
  3. involve everyday expert
  4. break down silos
  5. redistribute urban design-making
  6. de-design urban planning
  7. promote corporate urban responsibility
  8. go global
  9. Embrace chaos, changes and crisis
  10. Encourage passion in urban leadership
Monday Morning, 10 Principles for sustainable city governance
De quoi donner des idées (:


Future of Cities from squintopera on Vimeo.

Au passage, je voudrais aussi souligner le travail inspirateur du studio Squint Opera commissionné pour la réalisation d’un petit film d’animation (je pensais que cette vidéo était sur vimeo mais en fait non en fait si, embed rajouté juste au dessus) pour mettre en images ces idées. Cette agence est certainement un modèle du genre en ce qui concerne l’interaction entre graphisme et architecture.

Oué oué, ça c’est de l’histoire des grands

Une fois de plus, c’est le hasard d’une rencontre historique qui marque le passage du structuralisme en psychanalyse : celle de Jacques Lacan et de Claude Lévi-Strauss lors d’un dîner organisé chez Alexandre Koyré en 1949. Pour le moins déterminante, cette rencontre sera suivie d’un an plus tard, par celle de Jacques Lacan et de Roman Jakobson, présentés l’un à l’autre par Lévi-Strauss lui-même. C’est dans le sillon tracé par ces deux rencontres intellectuelles que germe la relecture lacanienne de Freud. Céline Lafontaine, l’empire cybernétique
J’ai jamais su quoi penser de genre d’anecdote sur la vie des intellectuels de première classe (ceux qui ont le droit à une biographie de ce type quoi). Est-ce que ça a un quelquonc intérêt historique ou sociologique ? Est-ce que ça a même un intérêt pour la compréhension de la théorie ? Est-ce que ceux de notre temps auront le droit à des recoupements soupconneux de co-copinisation via facebook ? Est-ce qu’il y aura des biographies qui révèleront que A a bu une bière avec B avant d’écrire son premier bouquin révolutionnaire ? Pourquoi est-ce que ce sont toujours des histoires bien propres ?

Ce n’est pas encore du calibre que Le juif de Linz qui tente une figure acrobatique tout en drolerie proposant un rapprochement entre la philosophie de Ludwig W. et l’idéologie constuite par Adolf H. mais aussi ses conséquences historiques, sans parler des messages codés par discours interposés. Mais quand même à chaque fois ça laisse perplexe.

Résultat du concours White House Redux

Storefront for Art and Architecture avaient lancés au début de l’année White House Redux, un concours à idées avec une idée simple : redesigner la maison blanche à comme image ultime du pouvoir politique. Le concours était autant un concours architecturale que de représentation graphique d’analyse socio-politique.

Parmi les nominés, mon chouchou reste l’un des deux troisièmes. Préférant le compromis entre étude et mise en forme de l’information, autrement dit une analyse complète avec sa communication, avant de considérer le redesign, l’idée est plus intéressante que les approches purement graphiques et/ou tentant d’imposer un message idéologique.
D’autres projets que ceux du podium sont consultables du coup, c’est une bonne occasion de se faire une idée sur la question et faire un peu d’espionnage.

Une vision de sérennité pour l’année à venir (:


Portrait de famille, Tam-Kien Duong

Philosophie du bavardage

Ce dis cours de Maeda faisant un discours flanqué d’une drôle de tunique (la deuxième partie) pour l’ouverture de l’année à la RISD me fait parfois regretter d’avoir eu un parcours uniquement universitaire. Je ne cherche pas à généraliser d’autant plus que je connais des exceptions. Il y a sûrement des présidents d’université française ou des directeurs de fillières qui font des discours poignant mais pour ma part, je n’y ai jamais eu le droit. Cela allait tout simplement d’une heure de présentation de la fillière et de ses options et des possibilités de voyages pimentée de remarques sur le faible taux de réussite en premières années à une tentative plus ou moins réussie de synthèse de la vie de la discipline sans prendre en compte les travaux personnels ni chercher à donner espoir dans le travail intellectuel. Pendant 7 années universitaires donc, je n’ai jamais entendu quelqu’un m’expliquer pourquoi nous réfléchissons, pourquoi nous consummons autant d’énergie, de papiers et d’encre. On ne nous a jamais parlé de notre place dans la société, ni même de notre rôle dans un éventuel futur.

Faut-il accuser le milieu universitaire et de la recherche française ? Faut-il accuser l’air de temps de ne plus contenir un mouvement intellectuel collectif ?

C’est comme si penser, c’était ne rien faire et que la pensée ne pouvait de toutes façons ne rien faire. Cette critique insidieuse s’institue dans le langage lui-même : être théorique, c’est prendre le risque de l’être trop voir de n’être que cela. Avoir une approche théorique, c’est se mettre en position où la pratique est quelque chose de supplémentaire ; comme si elle n’allait pas ensemble.

Chercher à mélanger pratique et théorique révèle de nouvelles questions, qui sont rarement poser en sciences humaines et sociales : est-ce qu’on peut créer pour prouver ? La théorie de l’autobiographie de Philippe Lejeune s’est ainsi retrouvée plusieurs fois pris à défaut par des créations littéraires en contre-preuve. Qu’en est-il de l’anthropologie : peut-on créer un système et l’étudier scientifiquement ? La question du réel peut rapidement être mise de côté, les images, installations et constructions artificielles sont bien réelles, elles ne sont simplement pas issus d’un processus accidentel non-intentionnel. Faut-il alors mettre de côté tout processus ou activité humaine démunie d’intentionnalité ?

C’est sur ces doutes, peut être étranges, que mes recherches ont gagné à mes yeux en intensité par l’investigation sur la simulation de sociétés artificielles et le rapport entre conception et création (graphique, architecturale, objectale, etc). La contre-partie à payer est une grande dispersion et une démarche décalée par rapport aux règles et la temporalité du monde de la recherche. On me demande ainsi souvent pourquoi je n’ai pas fai tel cursus ? Si je n’aurai pas préféré au final avoir un autre parcours ? JE préfère penser que non. Le parcours que j’ai pris à peut être ses faiblesses et ses détours donnent parfois le tourni mais je ne pense pas avoir perdu mon temps. Mon seul regret est peut être même d’avoir été trop rapide par moments.

Source : Lucas Morlot
Apprendre à penser la culture, à déformer les cadres pour mieux comprendre la socialisation et le langage, à modéliser des systèmes ou à réfléchir à la dimensionnalité d’un espace avant sa structure, tout cela permet de réfléchir par exemple à la géométrie. La géométrie selon son degré de complexité est le langage qui permet de comprendre et de résoudre des problématiques allant de l’agencement d’un plan de site aussi bien en tant que structure informationnelle que de support graphique répondant à un problème de navigation pour l’internaute qui navigue sur une carte visuelle et sémiotique. C’est également la géométrie qui est la base de toute tentative de construction générative de l’enveloppe d’un batiment jusqu’à sa division interne et l’occupation de l’espace par ses fonctions. Un peu par taquinerie, je dirais bien que l’architecture de l’information d’un site web est au moins aussi complexe que celle d’un batiment. On aura beau dire que l’information est une valeur mesurable, il n’existe encore aucun principe, même esthétique, permettant un jugement sur la qualité de son architecture.

Avoir passé du temps à parcourir les bibliothèques et nouer des relations intellectuels au gré de mes précédentes pérégrinations est une condition nécessaire pour pouvoir parler avec précision et de manière transversale sans tomber dans le flou des raisonnements métaphoriques ainsi que de la fascination pour l’élégance de certaines disciplines et/ou constructions théoriques. C’est le chemin que j’ai trouvé pour arriver au présent. La démarche peut sembler un peu ascétique mais il me semble que pour penser en faisant, il faut au moins essayer de comprendre les limites de ce qu’on appelle penser. Ce n’est que dans ce vertige qu’il est possible de voir ce qu’il ne reste plus qu’à faire.

Nouveau dashboard utilisateur FlickR

On en est pas encore à l’échelle des changements récents de facebook et de lastfm mais FlickR s’offre une légère modification des home pages utilisateurs des plus intéressantes.

Petit tour de changements qui changent la vie

  1. Accès direct aux statistiques utilisateurs. Tendance du moment ou véritable enjeux pour les utilisateurs. La mise à disposition des données de fréquentation et sa synthèse dès la première page du site incite à croire que FlickR fait le pari que ses utilisateurs sont des avertis et qu’ils sont capables de se poser des questions sur le traffic qu’ils génèrent ainsi que les préoccupations sur la visibilité sont légitimes. En plein essor de l’ère de l’information, il est ainsi normal de constater que les besoins en données synthétiques touchent également la sphère des utilisateurs de base.
  2. Activité du réseau social. Sur les traces de facebook, les informations sur son entourage prennent le pas sur les photos de l’utilisateur. Retournant ainsi le miroir de l’activité en ligne, cette interface permet ainsi de comprendre l’enjeu de la différence entre activité sociale et activité égocentrique. Ce qui est intéressant pour l’utilisateur ce n’est pas de voir ses propres photos mais de pouvoir être informer de ce qu’il se passe dans son entourage. L’information est plus pertinente aussi bien du point de vue de la plateforme (centré sur l’échange et non la simple représentation de soi) que de l’efficience de son usage (moins de chasse à l’information).
  3. Plus de contacts. Un peu dans la même lignée que le point précédent, les photos des contacts passent de 5 à 10 en plus d’un élargissement de la colonne ainsi que de son passage de droite à gauche lui donnant ainsi plus d’importance. En favorisant une nouvelle fois, les échanges avec le réseau sociale de l’utilisateur, la plateforme favorise également l’échange et la connaissance de l’autre.
  4. Les groupes ne sont plus anecdotiques. Avant les groupes étaient signalées par une petite ligne et la liste des groupes ayant eu une activité récentes (ie un message sur le forum associé). Il est maintenant possible de voir l’activité visuelle du groupe. On regrettera que rien n’indique pour l’instant les nouveautés en image : au fond, le texte des forums, on s’en fout un peu.
  5. Mise en avant du contenu intéressant. Paradoxalement, le lien avec la globalité ne se fait plus par l’intermédiaire du flux de toutes les photos qui permettait de voir un mélange hétéroclite de photos de barbecue, photos d’arts, etc. Même s’il est rare de tomber sur de nouveaux contacts par ce biais, je trouve que c’était une belle trace de l’humanité de ce site : après avoir cherché à le masquer, j’avoue que ce bloc me manque. Cette humanité est donc remplacée par une promotion des contenus visuels à voir sur un plan uniquement plastique. A voir s’il s’agit d’une véritable politique sur la dimension sociale du site ou non.

Au final, ce changement est très positif. Il permet à FlickR de passer de site à photos dont les usages sociaux étaient encore brouillés et en marge à une véritable plateforme sociale car elle permet aux utilisateurs de voir et d’être informer sur les activités des autres tout en restant centré sur un intermédiaire : l’image. La philosophie est simple, c’est l’information fournie aux utilisateurs qui fait le lien.

La recherche iconographique assistée par les logiciels web

Tea is power, Tam-Kien Duong
Ecrire, c’est tout simple. Il suffit de contempler une page blanche jusqu’à ce qu’on commence à avoir le cerveau qui sort par les oreilles.

Je trouve ça ridiculement difficile. J’essaie d’autant que possible de m’en dispenser. Donc, pour moi, acheter de nouveaux stylos prend des proportions gigantesques. J’ai quatre traitements de textes et je passe beaucoup de temps à me demander lequel utiliser. Tous les écrivains du moins la plupart, disent qu’il est difficile d’écrire, mais la plupart aussi sont surpris du point auquel c’est difficile pour moi.

Douglas Adams (1984)
En ce moment, j’essaie de mettre un peu d’ordre dans mes fichiers électroniques en essayant de rendre le dossier “images - inspiration” un peu plus rationnel. Habituellement, je me contente de glisser déposer les images que je glane ici et là en attendant de pouvoir les réutiliser. Sauf que des fois, il se passe des jours, des mois et des années. Là ça devient une sorte d’archéologie pour retrouver la source et le contexte de l’image. Un problème que je n’ai pas avec mes fichiers de citations. Je copie, je marque la référence. Sur une image, impossible.

En ce moment donc, j’essaie de corriger ce petit problème en testant deux logiciels avec deux approches légèrement différentes alors qu’ils proposent des fonctionnalités de base semblable (les tags par exemple).

Yojimbo

C’est un sympathique logiciel à bordel dont je m’étais servi pour gérer mes notes de lecture, les citations, les brouillons, les pistes de recherche etc. Je l’ai progressivement laissé tomber quand j’ai arrêté de fréquenter des liens sans internet au profit de google notebook.

J’avoue que je suis tenté de recommencer à l’utiliser pour cette raison et la synchronisation via mobileme.

Concernant les images, il a l’avantage de faire de belles archives web et ainsi de garder pas mal d’informations sur le contexte d’une image chopée sur le web. Le logiciel propose également une interface intéressante ainsi qu’une intégration fine avec l’environnement OsX.

Désavantage, il faut le logiciel pour accéder aux données. Impossible donc de faire quoi que ce soit sans un mac à portée de main ainsi qu’un logiciel avec la bonne licence.

Evernote

Evernote propose une approche légèrement différente en se concentrant sur l’indexation des images par le biais de la reconnaissance automatique du texte. Le logiciel repose sur un système de synchronisation vers un serveur distant centralisant tous les contenus. Il est ainsi possible d’avoir accès aux données sur pc, mac et iphone via une application native ; mais aussi de consulter ces contenus via une interface web proposant les mêmes fonctionnalités. Il est ainsi possible d’archiver les séances de travail sur tableau en prenant des photos avec l’iPhone et de retrouver cette mémoire automatiquement sur son ordinateur de bureau. Je ne sais pas ce que cette solution donne avec un grand nombre d’archives.

A noter que l’archivage de site web, se fait uniquement sur le mode texte+image (soit html sans feuille de style) rendant la visualisation un peu plus cracra et nécessitant donc un petit tour de nettoyage.

Une offre premium payante (5$ par mois) permet d’avoir plus d’espace de stockage et un plus grand volume de transfert à dispositions. Ok pour le coup, les possibilités de l’offre gratuite sont assez ridicules et semblent ne fonctionner que sur l’attraction des chalands qui se laisseraient prendre par le service.

Résultat

J’utilise 2 logiciels et je continue à mettre les images gentiment dans un répertoire sans aucune annotation. Si quelqu’un a un logiciel ou un workflow intéressant (:

Je suppose que les journalistes et les éditeurs ont des solutions performantes. Une alternative serait d’utiliser des formats qui conservent les tailles originales, comme powerpoint, et qui permettrait de mettre du texte à côté de l’image.

Signe de vie

Je comptais sur ma participation à l’école d’été EHESS/Télécom Paris sur La société de l’information et de la connaissance pour relancer la partie scientifique et recherche de ce blog. Par ironie, ici sur l’ïle de Porquerolles, le seul wifi ouvert est accessible entre 2 vélos et 3 poubelles, un lieu appelé “le Muret”. Expérience à ne pas tenter à midi sous peine d’insolation sévère. Maintenant que j’ai trouvé mes informations et citations, je vais retourner bosser à un endroit plus cool et le blog attendra la fin de la semaine (;

Sinon, ici, c’est cool. Des gens intéressants et des débats stimulants. Communication sur mes recherches demain soir. Peut être un debrief avant mon retour sur le continent. Si vous êtes sages.

Le mur devait tomber


Le mur devait tomber ! from bA / blind on Vimeo.

Une petite vidéo en souvenir d’un vendredi après-midi à l’agence où l’on est tous ressorti un peu étourdi par le bruit et les vapeurs de peinture mais aussi pleins d’énergie en prévision de la personnalisation de notre ancien futur nouvel espace. Tout ce qui reste maintenant est un mur absent nous permettant de profiter d’un bel espace de travail zen (sauf quand on y met de la musique ;).