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Duong Tam Kien
Architecte de l'information
Sociologue

Philosophie du bavardage

19.09.2008

Ce discours de Maeda faisant un discours flanqué d'une drôle de tunique (la deuxième partie) pour l'ouverture de l'année à la RISD me fait parfois regretter d'avoir eu un parcours uniquement universitaire. Je ne cherche pas à généraliser d'autant plus que je connais des exceptions. Il y a sûrement des présidents d'université française ou des directeurs de fillières qui font des discours poignant mais pour ma part, je n'y ai jamais eu le droit. Cela allait tout simplement d'une heure de présentation de la fillière et de ses options et des possibilités de voyages pimentée de remarques sur le faible taux de réussite en premières années à une tentative plus ou moins réussie de synthèse de la vie de la discipline sans prendre en compte les travaux personnels ni chercher à donner espoir dans le travail intellectuel. Pendant 7 années universitaires donc, je n'ai jamais entendu quelqu'un m'expliquer pourquoi nous réfléchissons, pourquoi nous consummons autant d'énergie, de papiers et d'encre. On ne nous a jamais parlé de notre place dans la société, ni même de notre rôle dans un éventuel futur.

Faut-il accuser le milieu universitaire et de la recherche française ? Faut-il accuser l'air de temps de ne plus contenir un mouvement intellectuel collectif ?

C'est comme si penser, c'était ne rien faire et que la pensée ne pouvait de toutes façons ne rien faire. Cette critique insidieuse s'institue dans le langage lui-même : être théorique, c'est prendre le risque de l'être trop voir de n'être que cela. Avoir une approche théorique, c'est se mettre en position où la pratique est quelque chose de supplémentaire ; comme si elle n'allait pas ensemble.

Chercher à mélanger pratique et théorique révèle de nouvelles questions, qui sont rarement poser en sciences humaines et sociales : est-ce qu'on peut créer pour prouver ? La théorie de l'autobiographie de Philippe Lejeune s'est ainsi retrouvée plusieurs fois pris à défaut par des créations littéraires en contre-preuve. Qu'en est-il de l'anthropologie : peut-on créer un système et l'étudier scientifiquement ? La question du réel peut rapidement être mise de côté, les images, installations et constructions artificielles sont bien réelles, elles ne sont simplement pas issus d'un processus accidentel non-intentionnel. Faut-il alors mettre de côté tout processus ou activité humaine démunie d'intentionnalité ?

C'est sur ces doutes, peut être étranges, que mes recherches ont gagné à mes yeux en intensité par l'investigation sur la simulation