15.11.09
La robe tissée de toile d’araignée spéculative, brodée des fines fleurs de la rhétorique, trempée dans la rosée sentimentale des ivresses d’amour dans laquelle les socialistes allemand enveloppèrent leurs squelettiques « vérités éternelles », ne fit qu’augmenter l’écoulement de leur marchadise parmi ce public.
De son côté, le socialisme allemand reconnu de mieux en mieux sa vocation : représenter glorieusement tous ces philistins petits-bourgeois.
Il proclama la nation allemand nation modèle, et le philistin allemand homme modèle. À toutes les vilenies de ce modèle, il attribua un sens caché, supérieur, socialiste, qui leur faisait signifier le contraire de ce qu’elles étaient. Il alla, dernière conséquence, jusqu’à s’attaquer carrément à la tendance « brutale et destructive » du communisme et à claironner son objectivité sublime, qui l’élevait au-dessus de toutes les mêlées de classes. Toutes les publications socialistes et communistes qui circulent en Allemagne appartiennent, à de rares exceptions près, à la sphère de cette littérature malpropre et dévirilisante.
Le manifeste communiste, le socialisme allemand, Karl Marx
Il faut reconnaître qu’au-delà de la dimension politique et mobilisante, le texte de Marx a une valeur littéraire disons très hip-hop.