Des arbres et des livres ·
Un bon bouquin de vacances est généralement un gros pavé qui doit prendre un maximum de temps possible à lire. Essentiellement pour éviter de transporter plus de livres que de vêtements quand on part pour une période dépassant la semaine; considération totalement utilitariste mais qui fait toute la différence au moment de faire les bagages. De ce point de vue là, Vacances Indiennes de W. Sutcliffe n'est pas une franche réussite. Il est lisible en journée ou moins. Vous le prenez le matin et vous le finissez en milieu d'après-midi pour peu que vous soyez seul dans votre bureau et avec une gestion personnalisable des pauses. Parallèlement un bouquin de vacances ne doit pas être chiant (sinon ça serait trop facile de faire un livre long à lire parce que chiant à lire) ou déprimant (sinon ça sert à rien de partir en vacances si ce n'est pas pour se relaxer un peu); des auteurs comme Dostoïevsky ou Joyce sont donc exclus d'office du palmarès des meilleurs bouquins de vacances. Le livre de Sutcliffe, par contre, de ce point de vue là s'en tire beaucoup mieux. Il est très drôle, très captivant, très facile à lire, très tout ce qu'on veut pour se détendre (de la même manière, un traité de philosophie ne peut pas concourir dans la catégorie bouquin de vacances). Les personnages sont attachants et pourtant très stéréotypés mais jouant un rôle prépondérant dans les situations comiques. Cela donnerait presque envie de partir en Inde ou de se foutre gentillement de la gueule des gens qui sont partis crapahuter à l'occidental façon touriste colonial ou routard anthropologue, voyageur de l'extrême et à la conquête de l'exotique et de l'Asie. Comme je ne me suis toujours pas améliorer en résumé de livre, je me contenterai de m'abstenir d'en rester là.