Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

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Fin [Fuite]

Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.

16:56 03/08/04

Des arbres et des livres ·

Un bon bouquin de vacances est généralement un gros pavé qui doit prendre un maximum de temps possible à lire. Essentiellement pour éviter de transporter plus de livres que de vêtements quand on part pour une période dépassant la semaine; considération totalement utilitariste mais qui fait toute la différence au moment de faire les bagages. De ce point de vue là, Vacances Indiennes de W. Sutcliffe n'est pas une franche réussite. Il est lisible en journée ou moins. Vous le prenez le matin et vous le finissez en milieu d'après-midi pour peu que vous soyez seul dans votre bureau et avec une gestion personnalisable des pauses. Parallèlement un bouquin de vacances ne doit pas être chiant (sinon ça serait trop facile de faire un livre long à lire parce que chiant à lire) ou déprimant (sinon ça sert à rien de partir en vacances si ce n'est pas pour se relaxer un peu); des auteurs comme Dostoïevsky ou Joyce sont donc exclus d'office du palmarès des meilleurs bouquins de vacances. Le livre de Sutcliffe, par contre, de ce point de vue là s'en tire beaucoup mieux. Il est très drôle, très captivant, très facile à lire, très tout ce qu'on veut pour se détendre (de la même manière, un traité de philosophie ne peut pas concourir dans la catégorie bouquin de vacances). Les personnages sont attachants et pourtant très stéréotypés mais jouant un rôle prépondérant dans les situations comiques. Cela donnerait presque envie de partir en Inde ou de se foutre gentillement de la gueule des gens qui sont partis crapahuter à l'occidental façon touriste colonial ou routard anthropologue, voyageur de l'extrême et à la conquête de l'exotique et de l'Asie. Comme je ne me suis toujours pas améliorer en résumé de livre, je me contenterai de m'abstenir d'en rester là.

09:15 13/09/05

Câble ·

J'ai croisé une fille qui avait un livre des éditions Rivages dans la poche droite de son pantalon un peu trop large. Je n'ai pas très bien vu son visage mais elle avait cette expression sans âge. J'ai croisé un garçon qui ne vivait plus que par le chiffre des maudits et à la voie un peu ringarde. Par mégarde, nous nous mettons en garde.

Dans ce croisement de regards sans égards, je ne trouve pas de parade et ne sais toujours pas quel genre ou quel style pour éviter le hasard.

00:26 06/09/05

Coussin ·

En dehors de l'affreuse couverture, le dernier Lire : vaut la peine d'être lu. Au moins pour l'entretien de Yasmina Reza qui dit des choses interessantes sur la vie et la philosophie ou plutôt sur la vie de ceux qui en font. Le contact du papier ... il est sans doute inutile de jouer la morale. En plus, les photos sont jolies.

Une étrange phrase prêtée à Balzac (dossier du mois), « le romancier authentique crée ses personnages avec les directions infinies de sa vie possible » résume bien, je crois, le problème de l'affreuse couverture et du journal intime publié le plus égocentrique et narcissique du web internet — non mais plus d'une auto-photo par jour, même les vrais n'auraient pas osé.

19:57 18/02/06

Sans sueur ·

J'imagine le néant, l'absence totale de chose, même pas une en tension. Je ferme les yeux et dans ce geste réciproque, rester sans contact n'est qu'une concrétion. Je dis quelques choses. Sans vouloir. Tu racontes tes rêves à mon amie ? Tu n'as certainement rien d'autres à faire pendant les tiens. Celui du désert où tu as oublié notre tente ou plutôt les traces d'un passage. Tu disparais. Tant mieux pour toi, si tu te ruines les dents à force de manger du sable. Je renverse le costume de templier. Je repousse les pas avec le revers d'un boulier. Je pose des objets parce que j'ai pas oublié le tablier.

16:52 16/03/05

Un télex ·

Alors comme cela, je découvre avec effroi que tu m'as déjà remplacée avec l'inexistante. Comme il doit être plaisant pour un traître de la Cause et des faits comme soi de venir à la réalité comme on vient à la religieuse. Je ne le dirais pas, jamais, tu m'as forcé à ne pas le faire, à l'oublier, toujours et ne pas le penser pour tant je transpire du pire de tes soupirs. Je n'écoute plus les longues aurées balancées d'un Sacré mensonge que nous nommons locomotion des passions. Arrache-toi la face de toutes ses salades et puis rends moi la lettre manquante et peut-être revois-tu tous tes paraîtres aussi nettes que ta guêpe.

00:57 04/09/04

Contrainte ·

Les individualistes font les meilleurs égoïstes.

18:39 17/02/05

Manifeste ·

Alors écrire dans une revue. Non. Je crois bien que je suis incapable d'écrire. Je me sens obligé de raconter, de dire le sens et de déclarer sur tous les points que le vide est supérieur à tous le reste. En parlant, en décrivant, en décriant, je fais le rapport entre nous et remplir le vide c'est définitivement non. Et si j'écris d'une certaine manière, je m'en veux déjà de ne rien dire. Je t'en veux déjà de ne rien comprendre à ce qui tu lis. J'ai envie de venir te pourchasser, mettre ma langue et imposer d'un silence tous les mots qui sont imaginées dans cet improbable exercice stylistique, d'enduire la réalité d'une si inexprimable d'un air inintelligible.

23:44 15/08/04

Constat rose ·

Depuis Sigmund F., ce sont les rêves qui me ramènent à la réalité.

17:43 04/01/05

Vert ·

Parler pour de vrai à des personnes fausses.

Parler pour de faux à des personnes vraies.

Avoir un masque pour pouvoir montrer son vrai visage.

00:56 11/08/05

* ·

Dans quelques temps, je dirais par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre que j'écris est un moyen d'exister. C'était une erreur, je préfère me taire et j'aimerai que d'autres en fasse autant. Le silence comme acte de parole plutôt que le bruit comme symbolique de la vacuité. Il n'y a pas de salaire pour ceux qui ont goûté le charme de ne plus avoir de voix alors que les haut-parleurs font les riches. Je vous laisse deviner dans quel camp la richesse trouvera refuge. Je deviens comme les autres, les sons comme pertes. Mes mots insolubles dans la bouillie de vos connaissance. Echapper à toute forme de reconnaissance parce qu'il est hors de question d'exister sous la forme nom jamais assez brillant. Si il n'y a qu'un seul projet, c'est celui. Je ne suis pas prêt à perdre.

12:19 25/05/05

MCI ·

On est toujours le free style de quelqu'un d'autre.

01:57 21/08/04

Ludique ·

L'avantage du jeu, c'est qu'il y a toujours quelqu'un quand la fenêtre s'ouvre.

00:58 08/06/05

L'accord des on ·

Nous nous sommes dit que nous ne nous aimions plus. Je ne suis plus amoureuse comme toi ailleurs et autre part. Tu cherches dans un livre pour me dire que c'est normal même si tu aimerais que non. Il paraît que les sentiments sont indépendants de leur durée. Tu ne pars pas loin. Fais moi rire et arrête de te prendre pour un samuraï.

20:59 04/07/04

Serment posthume ·

En décidant de faire émerger une nouvelle page narcissique sur le web, je m'étais promis à moi-même de me poser comme seule contrainte éditoriale de ne plus déprimer on-line et mettre de côté mes précédentes tentatives de règles très oulipiennes mais tout aussi humide que cette journée. Un dimanche pluvieux, un appart' à moitié vide, un chat absent plus tard, pour ne rester que dans l'aspect matériel de cette journée, je resiste plutôt bien en sachant que tout ceci n'est qu'une impression (d'où l'intérêt d'être idéaliste façon Hegel et nombril) et que Sidney Bristow et Carry Bradshow me sortiront de là à partir de 22h30.

01:29 06/12/05

L'écharpée ·

Demain soir, j'ai acheté de la confiture à la mirabelle. Il n'y a pas à dire quand les choses vont selon les boussolles de nos valeurs. Tant qu'elles vont, et en ce moment elles le font (sauf quelques importantes s'approchant) et que l'on peut écouter le bruit des choses qui simplement vont vers leur fonte. Nous savons comme des oursins sur un circuit de poussins. Elles passent dans un vrombissement et font ce qu'elles ont à faire. Ceux qui pensent qu'on peut prendre appui sur le fond pour remonter sont des crétins si ils oublient les palliers. Tous ceux qui pensent vivrent dans une piscine et pouvoir se noyer dans un bassin municipale (ou même olympique) feraient mieux d'apprendre à nager.

Ce n'est pas si difficile de dire de belles paroles, il suffit de prendre le métro, il existe au moins une belle paire d'yeux par rame de métro. Voilà quelque chose qui devrait aider les gens à décrire.

Je ne sais pas où s'arrêtera cette envie d'enterrer les morsures toujours plus bas et chutent les corps qui apparaissent dans la fausse aux miettes.

Ce matin, je rajouterai du beurre sur mes tartines.