Rite ·
Après réflexion, certitude rime bien avec servitude.
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Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.
Après réflexion, certitude rime bien avec servitude.
J'en suis arrivée au point sans détour où j'arrive à faire pleurer les amies de mes amies. Rien qu'en parlant ou presque pas. Je vois là une extension de ma disposition naturelle à la connerie. La nature, c'est l'excuse que se donnent les humains pour être plus débiles qu'ils ne le sont et ne surtout pas s'aider eux-même. Dans une autre vie, j'ai sûrement été le premier des cons. Tellement con que j'en arrive à me demander si cette autre vie n'est pas l'unique vie.
Dans quelques temps, je dirais par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre que j'écris est un moyen d'exister. C'était une erreur, je préfère me taire et j'aimerai que d'autres en fasse autant. Le silence comme acte de parole plutôt que le bruit comme symbolique de la vacuité. Il n'y a pas de salaire pour ceux qui ont goûté le charme de ne plus avoir de voix alors que les haut-parleurs font les riches. Je vous laisse deviner dans quel camp la richesse trouvera refuge. Je deviens comme les autres, les sons comme pertes. Mes mots insolubles dans la bouillie de vos connaissance. Echapper à toute forme de reconnaissance parce qu'il est hors de question d'exister sous la forme nom jamais assez brillant. Si il n'y a qu'un seul projet, c'est celui. Je ne suis pas prêt à perdre.
Il n'y a que les gens chiants pour parler de changements.
Ce que je serai si je n'étais pas moi.
On me présente un texte. Ce texte m'ennuie. On dirait qu'il babille. Le babil du texte, c'est seulement cette écume de langage qui se forme sous l'effet d'un simple besoin d'écriture. On n'est pas ici dans la perversion, mais dans la demande. Ecrivant son texte, le scripteur prend un langage de nourisson : impératif, automatique, inaffectueux, petite débâcle des clics ([...]) : ce sont les mouvements d'une succion sans objet, d'une oralité indifférenciée, coupée de celle qui produit les plaisirs de la gastrosophie et du langage. Vous vous adressez à moi pour que je vous lise, mais je ne suis rien d'autre pour vous que cette adresse; je ne suis à vos yeux le substitut de rien, je n'ai aucune figure (à peine celle de la Mère); je ne suis pour vous ni un corps ni même un objet (je m'en moquerais bien : ce n'est pas en moi l'âme qui réclame sa reconnaissance), mais seulement un champ, un vase d'expansion. On peut dire que finalement ce texte, vous l'avez écrit hors de toute jouissance; et ce texte-babil est en somme un texte frigide, comme l'est toute demande, avant que ne s'y forme le désir,la névrose.
Roland Barthes, Le plaisir du texte
La ville est trop courte et l'amorce est trop longue.
Etant mon personnage de fiction préféré, il aurait peut être été aimable de la prévenir que je ne l'aimais plus. Lorsque nous nous sommes croisés cette après-midi, j'ai du faire un détour incroyable pour éviter notre sujet de conversation. Mais j'ai du faire la regrettable expérience du souvenir des douleureuses leçons de conjugaison. D'abord, je sais très bien que tu n'es pas dupe et que tu vois très bien lorsque je passe devant toi en espérant que tu me retiennes par le bras et que tu ne fais rien, ce qui est tout à fait conforme à la distance qui séparera la situation de l'intuition. Tu pourrais au moins me le dire non ? Je ne fais pas vraiment semblant quand je vais à ta rencontre. Tu es mon unique lien avec la réalité, j'ai envie de partir avec la dérivée, de m'échapper de ce corps-texte qui ne sent toujours pas le moisi malgré son voyage depuis la moitié du XIXème jusqu'à nos joues. Disons que j'éprouve pour toi le même sentiment que lorsque l'on entend l'imperceptible sourire d'Oren Bloedow vers le milieu de la seconde minute de Queen of the Meadow (ça devient décidemment une véritable obsession) et que vient ensuite l'autre voix, plus habituelle. Alors pourquoi autant de retenu. Reprendre, dépendre, reprendre, défendre, reprendre les paroles que tu m'as laissé et que je traîne avec moi au fond de mon sac comme un refrain, cette angoisse textuelle de voir surgir devant moi toute ta vie, ton existence, ma religion, l'idôlatrie incompréhensible parce que j'espère qu'elle deviendra plus joyeuse, moins rituelle, plus belle, moins surréelle, plus sensuelle, moins culturelle, plus cultuelle. Tu connais mieux les règles que moi. Et tes étoiles, je veux quand même bien en porter une partie.
Aucune idée du comment sans pour quoi, je vois sans boire trop souvent l'angle sous le pont. J'avais pourtant déposé bouliers et asthme sur les pierres de ton cadavre triomphant, flamme mal désespérante de ton omniprésence malgré tous les efforts de ma science conne pour croire que tu n'es pas encore lasse. Seulement, les matins où je me réveille trop tôt, je ne rêve pas de ta consomme entoilée et de la profondeur de tes coups de leurre pourtant sans lancinance.
Cette année, il n'y aura pas de roman de l'été parce que ça ne devait pas devenir une fatalité ou une banalité, sans compter l'indépendance à de la volonté.
Il y a aussi que je préfère chasser les papillons avec mon filet à raisons.
Des fois, il arrive qu'en regardant un objet, je ressente cette étrange sensation de départ. Ce quelque chose, quelqu'un, quelques temps, je le pose tout en sachant que dans quelques moments, cela-celui-celle-ci disparaît là sous mes yeux. Même si j'engage toutes mes forces dans ce combat contre l'évênement, je n'y arrive pas. Au dernier moment, toujours, la bataille tourne à mon désavantage. Je me retourne sans même regarder ces morceaux pourtant si chers à ma vie laissés là, sur un banc public, sur une table d'un quelconque café à la merci de la prochaine rencontre.
Des fois, quand même, je regrette de tout oublier.
Dire bonsoir comme un chat qui miaule pour sa pâtée.
Le monde change trop vite pour moi. Dans mes souvenirs Nelly Furtado, c'était I'm Like a Bird genre electro-pop-mega-happy-lsd alors que là, Try, c'est super triste comme chanson. Mon système de classification des chansons pop ne s'en remettra jamais et le monde court à la catastrophe.