Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

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Fin [Fuite]

Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.

14:43 05/02/06

Répondeur ·

Disons que vous êtes face à un texte raté. Mais que vous avez une chance de tout arranger. Vous essayez d'être plus clair. Ou plus profond. Ou plus éloquent. Ou plus excentrique. Vous tentez d'être fidèle à un monde. Vous voulez que le livre soit plus ample, plus personnel. Vous voulez vous sortir de vous-même, à la force du poignet. Vous voulez aussi sortir le livre de votre esprit embué. Tout comme la statue gît dans le bloc de marbre, le romant se trouve dans votre tête. Vous essayez de le libérer. Vous essayez de faire en sorte que ces pauvres lignes tracées sur la page soient plus proches de l'idée que vous avez de votre livre — ce que vous savez, dans dans vos élans d'exaltation, qu'il peut être. Vous lisez et relisez les phrases. Est-ce bien là le livre que je suis en train d'écrire ? C'est tout ?

Ou alors disons que tout va bien, parce que cela va parfois bien, de temps à autre (si ce n'était pas le cas, vous deviendriez fou). Vous êtes là, et même si vous écrivez très lentement oou que vous êtes très mauvais pour taper un texte, une piste de mots se déroule, et vous voulez continuer. Puis vous relisez. Vous n'osez peut-être pas être satisfait, mais en même temps vous aimez ce que vous avez écrit. Vous vous apercevez que vous prenez du plaisir — un plaisir de lecteur — à lire ce qui se trouve sur la page.

L'écriture est, pour finir, une série de permissions que vous vous donnez pour vous exprimer de telle ou telle manière. Pour inventer. Pour bondir. Pour voler. Pour tomber. Pour trouver votre façon personnelle de raconter et d'insister ; en fait pour trouver votre liberté intérieure. Pour être strict sans être trop sévère avec vous-même. Ne pas vous arrêter trop souvent pour relire. Vous permettre, lorsque vous osez penser que cela va bien (ou pas trop mal), simplement de continuer à ramer. Ne pas attendre la poussée de l'inspiration.

Susan Sontag, L'écriture comme lecture
09:54 12/07/04

·

L'argumentation théorique, c'est comme le Scrabble sauf que l'on joue avec des noms d'auteurs.

00:12 26/11/04

Les mauvais mots mentent ·

L'incertitude des temps bavardés.
L'indénombrabilité de ces cadavres littéraires.
L'indicibilité des papiers mal écrits.
L'indémontrabilité de la raison.
L'incommensurabilité des portes mal fermées.
L'incompréhension de la couleur des yeux.

L'impossibilité de nos échanges.

19:04 15/02/05

Imageus ·

Je lui parle alors qu'il ne me regarde pas dans les yeux. La parade infaillible pour échapper à mes super-pouvoirs. Il regarde un peu en dessous, le coin de ma bouche, je crois. Je vois pourtant mon reflet dans ses yeux et la vision s'approche sans que je n'arrive à la capter. Il ne me dit pas qu'il a revendu cette chose étrange que l'on appelle aussi appareil photo numérique pour ne pas un jour faire une image de cette portion de peau qu'il admire tant, qu'il veut garder incessant ce désir de voir de ses propres yeux. L'interstice, le magnifique interstice entre les vêtements, l'origine de tout plaisir. Il ne regarde plus, toujours plus et je le dévore tout entier dans le néant de ma négligence. Il n'y a rien à remarquer, ni de quoi s'envoler.

12:47 11/06/04

Question temporelle ·

Est-ce qu'un jour, une fois que le structuralisme sera rentré dans toutes les mentalités et que l'on comprendra que pour retourner la situation il suffit de penser les oppositions comme permanentes et qualitativement interchangeables, il y aura des masculinistes pour protéger les mâles devenus inutiles asservis à la domination féminine ? Par contre pour "les chiens de garde", ça va pas être possible. Il y a déjà un livre avec ce titre (pareil pour "les nouveaux chiens de garde").

09:53 17/06/04

Raison pratique ·

Etre obliger de rester clouer à un fauteuil face à un écran inexpressif à essayer d'analyser et comprendre un ensemble de points et de matrices censés représentés la vie collective (ou un réseau social) selon le principe de la boite noire et à partir de cela pondre vingt pages ou plus pour dans 24h ou moins alors que dehors il fait le temps parfait pour être sociable est une raison suffisante pour développer une haine singulière de la cybernétique.

10:08 29/07/04

Considération bridgetienne ·

Des fois quand je suis en perte de repère à cause de ma retraite sentimentale –tout un combat "contre les évidences. Méthode du discours sans fin." (Nicky D., Editions du Tout, Paris, 2015)– qui ne cesse de durer, quand les symptômes se font de plus en plus fort comme faire des rimes pour une moitié qui n'existe pas –et pourquoi on devrait toujours être la moitié de quelqu'un d'autre hein ? Platon mais après ? On va continuer à se pourrir la vie à cause d'un vieux barbu grec ?– … Quand je suis dans ce genre d'état, donc, je vais voir mes amis mariés-ou-presque. Je sais bien que j'agite ici un gros cliché sur la vie en couple mais personnellement, j'ai la chance de connaître ce que l'on pourrait appeler, pour utiliser un mot savant, un idealtype (construction idéale proche de la caricature. Concept de M. Weber) du couple "22 ans, papy et mamy avant d'avoir eu des enfants".

Selon moi, le couple est une institution conceptuelle. Institution car manifestation physique réelle, matérielle et temporelle d'une idée que l'on se fait de ce que doit être la vie une fois dépassé un certain âge. Conceptuel car tout concept est autant de chances de survivre que deux papillons se transformer en asticot. De plus, l'entrée en couple est généralement reconnu comme le premier moment de chute fatale dans le nombre de relations amicales (O. Galland, Sociologie de la jeunesse). Il existe des exceptions comme les "Living Appart Together" (F. de Singly, Libres ensemble), les couples qui ne cohabitent pas, tout montre qu'ils continuent à faire "comme si" aussi bien dans l'aménagement de l'espace de vie que l'aménagement temporel (téléphone etc.). De plus toute institution ayant potentiellement une fonction (Merton), on ne peut pas se contenter de dire que le couple soit seulement un objectif biologique, car il n'y aurait pas alors besoin de se couper du monde et je pense que l'excuse du rituel qui perdure n'est pas une excuse valable non plus. Non, je pense que les gens qui devienne proche de l'autisme social le font essentiellement pour faire culpabiliser les autres, cette sous-espèce de l'humanité que l'on nomme souvent "les célibataires". Revenons-en à nos moutons (puisque c'est plus ou moins le mot qui convient), quand j'ai un petit coup de blues (qui n'est pas de la déprime), je vais voir mamy et papy ou du moins j'essaie car ça se solde souvent par un coup de téléphone et un dialogue de ce genre.

– Hello !

– Bonjour !

– Ca va ?

– Ouais et toi ?

– Non, j'ai envie de parler. Café. Rendez-vous à 19h30 ?

– Ouhla non, si je sors après 19h30, [Bibiche/Raoul] va me casser un bras.

Je sais que je tiens là une belle caricature (d'ailleurs, je ne veux pas savoir si "casser un bras" est à comprendre au sens figuré ou au sens propre) mais je réalise également que le célibataire, à l'instar de son collègue qui vit dans un monde merveilleux où ils ne sont que deux à vivre à deux, a également une fonction faire culpabiliser son ami d'avoir troqué une certaine forme de liberté qui fait passer mes Near Feelings Experiences (NFE) à fréquence annuelle (dans le meilleur des cas) pour une vie de libertin lubrique. Mais bon des fois, j'arrive à les sortir de chez eux, à midi quand ils étaient déjà dehors, et à les faire s'asseoir autour d'une table. Ce qu'il y a de chouette avec ces gens là, c'est qu'ils ne veulent en aucun cas parler de la solitude et tout le reste (parce qu'ils ont du mal qu'ils peuvent être seuls à deux) alors on parle de mes problèmes de problématiques (un problème récurrent et problématique depuis un an) ce qui constitue alors le must du dialogue (tout ce qui est personnel ne pouvant sortir du trou noir "marital" ou un tout petit peu d'informations comme les vrais trous noirs) et m'amène souvent à reconsidérer mes échelles de réussite et d'échec de la Vie.

Bon ok. Manger des nouilles instantanées et écrire cette justification à 30 cents et 6 euro-sous en attendant "That 70's show" a quand même quelque chose proche de la loose. Plus jamais, je ne me plaindrais qu'Internet est une source possible de rupture du lien social parce que clairement, le problème est en amont. Rendez-moi ma connexion !

23:44 15/08/04

Constat rose ·

Depuis Sigmund F., ce sont les rêves qui me ramènent à la réalité.

10:18 14/09/04

Elysée ·

J'ai connu une Elisabeth. Loin de se prendre pour la première des anglaises, elle prenait très à coeur son rôle de dernière des petites connes parisiennes.

17:53 08/07/04

Solipsisme récurrent ·

L'écriture à la première personne comme nous la pratiquons quotidiennement est-elle autre chose que l'expression plus ou moins artistique d'une philosophie de l'existence ? Quand nous rassemblons nos pensées, nos moments de vie, nos critiques et nos opinions, finalement, nous ne faisons que donner une cohérence à notre vécu qui immédiatement identifié au média -le weblog-, une identité unique alors que les théoriciens de la fragmentation du soi ne cessent de remettre en cause par l'accusation d'une illusion du moi unique à travers le je.

Peut-être est-ce pour cela que l'impression qui me parcourt lorsque je navique de liens en liens, j'ai l'étrange sentiment que le moyen devient la finalité: la promotion d'un réseau, une communauté mais avant tout d'autres weblogs (avant que quelqu'un n'invente le mot "blogocentrisme", je tiens à signaler que le terme "sociocentrisme" utilisé par le père Piaget correspond totalement). Essayer de s'inscrire dans une histoire, un groupe et ainsi se donner une dimension temporelle a quand même quelque chose de triste, non ? Comme si il était impossible de vivre sans chercher à exister et renverser le cycle, de vivre pour exister.

19:54 01/01/06

Ventre mou ·

Pas grand chose à demander, seulement la voix d'Orson ou la gestuelle de Tony pour entendre, entre deux K, la mélodie d'elle. À la place de cela, j'ai seulement hérité de la foi décomposée d'André et d'un départ de feuilles mouillées.

00:16 25/03/05

My Architext ·

Aucune idée du comment sans pour quoi, je vois sans boire trop souvent l'angle sous le pont. J'avais pourtant déposé bouliers et asthme sur les pierres de ton cadavre triomphant, flamme mal désespérante de ton omniprésence malgré tous les efforts de ma science conne pour croire que tu n'es pas encore lasse. Seulement, les matins où je me réveille trop tôt, je ne rêve pas de ta consomme entoilée et de la profondeur de tes coups de leurre pourtant sans lancinance.

22:41 31/10/04

Vite ·

D'abord sachez le : Lundi férié ou non, les forces supérieurs du Dimanche feront toujours pression sur les tendances dépressives propre au jour du Seigneur qui du coup n'a certainement pas le temps de s'occuper à ce que la Terre tourne aussi rond que possible. De plus, rapport à la lune et autres lois de l'univers, il est scientifiquement prouvé que cette Terre ne tourne définitivement pas tout à fait en rond.

Puis, laissez-moi dire que Urgences, ça devient franchement vraiment n'importe quoi. Entre les morts, les départs et les trucs qui n'arrivent que de l'autre côté de l'Atlantique : Accident d'hélicoptère sur un hôpital, un type qui détourne un tank et Santa Barbara ou bien Dawson mais je laisse le soin aux historiens de trancher la question.

Enfin, coutûme annuelle, certaines branches éloignées de la Famille me font goûter les joies d'une sphère sociale que je n'atteindrais certainement jamais à moins de devenir très rapidement intelligent, mettre de côté toutes mes considérations éthiques et trainer dans les bons salons, ceux du genre qui ne servent pas de chambre. Des salons qui font la taille de l'étage où j'habite et qui valent à la journée une somme si indécente qu'on ne le dit pas. Je ne partage plus ma vie avec une personne anglophone et chaque discussion me rappelle que je parle moins bien anglais que le dernier des bouseux du plus illettré des états américains. Le problème, c'est que ça ne me fait même pas envie tant de débauche, j'imagine que cela est en partie dû au fait que malgré toutes les stratégies rationnelles qui sont factuellement à ma disposition ou bien parce que vraiment, je ne me vois vraiment pas vivre Ça à plein temps et faire comme si c'était normal, comme si la valeur d'un verre de vin ne dépassait pas mes frais de bouche hebdomadaires. Je n'arrive même pas à culpabiliser de ne faire les courses que dans le super marché en bas de chez moi, de laver le linge moi même et dans une machine qui n'est pas la mienne, de ne pas être dans un restau, rempli d'américains plus vrais que nature - vieille blonde clichée accompagnée de cheveux grisonneux avec le même faciès que W. - et où l'on se demande si les prix ne seraient pas par hasard rester coincé en francs, à la place de quoi je discute d'Urgences et je finis de rédiger un projet de recherche. Si j'étais riche, je n'aurais certainement pas le même projet de vie et je m'en fous un peu de cette hypothèse à la con à moins biensûr si cela pouvait m'aider à accéder à la propriété et mettre un terme à l'angoisse des fins de mois alors pourquoi pas après tout. Il ne me reste plus qu'à lire Voyage en grande bourgoisie avant l'année prochaine.

01:17 25/11/05

Etang ·

C'est assez épuisant de tourner en dehors d'un temps désynchronisé. Je n'ai même pas encore trouver un réverbère succeptible de projeter une ombre assez émouvante pour que je la suive. Avec les problèmes de température ambiante, j'ai aussi une faim de fou et si je continue à regarder mes écrans sans en changer le fond, je crois que je vais aussi finir comme un vieux loup.

L'intérêt des photographies-grand-angle à la verticale est qu'elles prennent tout de suite plein de place et deviennent ainsi assez pratique pour pousser le texte hors du champ de prise. Les portraits ne sont au mieux que des objets (papier ou image virtuel) issu de l'extension d'un négatif enveloppé dans la structure symbolique de votre regard. L'assujetissement est justement dans le regard ainsi il ne peut y avoir de figure subjective dans un portrait de face où le regard se confond avec l'objet. L'être-sujet ne peut se figurer que de dos ou de profil, que dans la mesure où l'on pourrait voir ce que porte son champ visuel comportant la tension polaire des éléments internes. Il est par ailleurs impossible de se mettre strictement à la place de l'être-sujet et de faire concorder le regard-sujet et l'image-objet ou alors que dans la sous-catégorie des figurations ne signalant le caractère possibiliste de la position occulaire. Dans la nécessité de confusion entre l'être-regard et l'être-à-regarder, pour prendre ensemble (ou tenir en dessous) la nature indécise de la personnalisation du parcours visuel, il devient important de laisser le flou de la direction et des courbes.

Artistiquement parlant, il faut aussi avouer qu'une non-face à beaucoup moins de chance de nuire à l'image-objet.

Ce qu'il y a à vouloir ici, c'est la legêreté d'un mouvement invisible et imprécis. Souveraine, cette main sous tes reins pourrait être celle de n'importe qui d'autre ou pas vraiment car elle ne bouge pas encore. La ligne de fuite calorimétrique signe cette inexistence. J'attend, je sers d'objet, j'espère être songer comme son jet vers l'extérieur. Cette affreuse ligne continue à sous-tenir sa promesse. Il ne se passe rien, strictement rien et c'est vraiment normal car nous sommes une photographie anti-physique « : poétique plutôt ». Ce n'est que par erreur que je subviens à la mesquinerie d'un souvenir.

23:22 25/10/05

Solution ·

Il me faut 12 jours pour ne rien écrire.