Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

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Fin [Fuite]

Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.

22:11 15/01/06

Rizières ·

C'est ainsi qu'Edouard devint instituteur dans une petite ville de Bohême. Il n'en était ni malheureux ni heureux. Il s'efforçait toujours de faire la distinction entre le sérieux et le non-sérieux, et rangeait sa carrière d'instituteur dans la catégorie du non-sérieux. Non que la profession d'enseignant, en elle-même, fût dépourvue d'importance (d'ailleurs il y tenait beaucoup, car il n'aurait pu gagner sa vie par d'autres moyens), mais il la jugeait futile par rapport à l'essence de soi-même. Il ne l'avait pas choisie. Elle lui avait été imposée par la demande sociale, les appréciations de la section des cadres, les attestations du lycée, les résultats du concours d'entrée. Il avait été, par l'action conjuguée de ces forces, lâché (comme une grue lâche un sac sur un camion) du lycée à la faculté. Il s'y était inscrit à contrecœur (l'échec de son frère était de mauvais augure), mais il avait fini par se résigner. Il comprenait cependant que son métier ferait partie des hasards de sa vie. Qu'il lui collerait à la peau comme une moustache postiche qui prête à rire.

Mais si une chose obligatoire est une chose non-sérieuse (qui prête à rire) le sérieux est sans doute ce qui est facultatif : à sa nouvelle résidence Edouard rencontra bientôt une jeune fille qu'il trouvait belle, et il commença à se consacrer à elle avec un sérieux presque sincère. Elle s'appelait Alice et, comme il put s'en convaincre à sa grande tristesse dès leurs premiers rendez-vous, elle était réservée et vertueuse.

Il fit plusieurs tentatives, lors de leurs promenades vespérales, pour lui enlacer les épaules de manières à effleurer par-derrière le bord de son sein droit, et, à chaque fois, elle saisit sa main et la repoussa. Un soir qu'il répétait une fois de plus cette tentative et qu'elle venait (une fois de plus) de repousser sa main, elle fit hate et dit : « Est-ce que tu crois en Dieu ? »

Les oreilles délicates d'Edouard perçurent dans cette question une discrète insistance, et il oublia aussitôt le sein.

Milan Kundera, Risibles amours
10:24 22/10/04

Cube ·

Le problème des perles, c'est qu'il faut jouer de la langue pour aller les chercher.

22:48 25/04/05

Bouteille ·

Si ça intéresse quelqu'un, je cherche des personnes bénévoles pour un peu de relecture. Mon email est toujours au même endroit. Pour me dire que j'écris de manière trop alambiquée et pointer du doigt là où je présuppose beaucoup. Comme là où je ne dis pas de quoi parle le bidule en question.

16:47 26/07/04

Ultérieur ·

D'un autre côté, être celui qui attend, c'est un peu se donner le beau rôle, le héros-victime qui n'a fait que user de sa patience.

19:46 01/07/04

Karma ponctuel ·

Commencer, par des moyens à la limite du licite, à accumuler les bases de données et registres documentaires ou bibliographiques rares et souvent introuvables ajouter à une utilisation périodique de logiciels ne demandant pas une phase d'apprentissage dépassant les dix minutes constitue certainement l'un des tournants d'une vie qui tournait beaucoup en rond par le passé.

23:39 14/08/04

L'indifférence ·

L'important, ce n'est pas de savoir pourquoi nous sommes différents mais bien de savoir que nous sommes différent dans le pourquoi.

21:30 08/01/06

Année ·

Savoir, c'est avoir une croyance qui suit la vérité à la trace.

Robert Nozick, Philosophical explanations
09:36 07/09/05

La vitre ·

Sur un fond de musique trop connu et dans le voisinage d'une affiche qui rappelle comment la vie peut parfois surgir d'un film, je profite de l'appartement vide. Encore 10 petits jours à hanter les lieux, à vivre seul dans l'imagination d'une vie collective. Il va falloir que j'arrête de rêver. En attendant et en hauteur, je profite du bal des cons. Non, c'est pas juste, regarder des gens jouer à la pétanque est très interressant surtout lorsqu'il s'agit de disperser des cendres.

15:19 23/08/04

Reste pathétique ·

En ce moment, au boulot, je me fais un peu chier. Ce n'est toujours parce que je n'ai rien à faire (mon traitement de texte crie famine et envisage une thérapie pour traumatisme parental. Prière de ne pas alerter les autorités, c'est pour son éducation) mais c'est surtout que je suis dans une saine période "travaille à la mesure de ta paye et tais-toi" (ceux qui savent comprendront et ceux qui comprendront sans savoir ont mes félicitations du jury) et que l'urgence n'est pas encore au rendez-vous (4 pages par jour, c'est un peu comme écrire un poème à raison d'un lettre par semaine – et prendre de l'avance serait trop normal). Du coup, j'ai décidé que je serais grossier, pour une fois, de faire du léchage de cul, pour une fois, et de parler des autres weblogs en faisant des liens, pour une fois. Parce qu'il y a vraiment rien d'intéressant sur le net en ce moment, comme souvent. A la trappe donc les considérations métaphysiques sur le travail, la liberté, les humains, l'avenir et tout le reste qui occupe actuellement mes pensées. En fait, je vais même me la jouer bloggueur typique qui copie-colle (bientôt dans le dictionnaire) ce qu'écrivent les autres, histoire de leur faire quelques hits en plus et d'apparaître dans leur referrer et on connaît la suite.

Exemple 1, la citation, avec la quelle je suis à 100% d'accord et qu'un extrait sur cette page vaut plus qu'un poster dans ma chambre, à propos de la reception de l'écriture :

Je vais vous avouer un truc, le fait d’écrire ici, de mettre en ligne et à la vue de tous quelques textes éparpillés, tout cela est très égoïste. Je ne pense pas vraiment à vous quand je publie un billet. Après, ce que vous en faites suite à sa lecture, cela vous appartient ; quelque part je n’y peux rien.

Camille, Théoricienne du Chien Qui Pisse

Exemple 2, à propos du blogo-malaise dans la blogo-haute-société, il faut aller voir chez aucun effort rien que pour le titre et le sous-titre puis lui laisser pleins de commentaires "trop mort de lol" parce qu'il m'a cassé le concept de blog autiste.

Exemple 3, je vous parlerais bien des gens dont le site repêché dans mes referrers, qui bouge à peine en 2 ans et qui m'ont dans leurs liens avec l'ancien ancien titre qui date de ma maquette à base d'orange fluo et de dessins que l'on m'a honteusement et par inadvertance volés. Si, si le mouton là. Bêêêêêêê. Bon faut voir que M. 'Trao a bien développé du blog qui insulte ses lecteurs. Futur concept que je me permet donc de mettre à la poubelle par respect pour vous.

Ok, j'avais juste envie de dire "léchage de cul", expression qui a l'air de faire un retour dans nos bouches (ce qui est sale) et de joindre le geste à la parole, pour une fois.

12:21 08/01/05

Souffle ·

La prochaine fois, je suis la plume.

10:07 27/07/04

Chute professionnelle ·

Ca me reprend, j'ai envie d'être enseignant.

14:43 05/02/06

Répondeur ·

Disons que vous êtes face à un texte raté. Mais que vous avez une chance de tout arranger. Vous essayez d'être plus clair. Ou plus profond. Ou plus éloquent. Ou plus excentrique. Vous tentez d'être fidèle à un monde. Vous voulez que le livre soit plus ample, plus personnel. Vous voulez vous sortir de vous-même, à la force du poignet. Vous voulez aussi sortir le livre de votre esprit embué. Tout comme la statue gît dans le bloc de marbre, le romant se trouve dans votre tête. Vous essayez de le libérer. Vous essayez de faire en sorte que ces pauvres lignes tracées sur la page soient plus proches de l'idée que vous avez de votre livre — ce que vous savez, dans dans vos élans d'exaltation, qu'il peut être. Vous lisez et relisez les phrases. Est-ce bien là le livre que je suis en train d'écrire ? C'est tout ?

Ou alors disons que tout va bien, parce que cela va parfois bien, de temps à autre (si ce n'était pas le cas, vous deviendriez fou). Vous êtes là, et même si vous écrivez très lentement oou que vous êtes très mauvais pour taper un texte, une piste de mots se déroule, et vous voulez continuer. Puis vous relisez. Vous n'osez peut-être pas être satisfait, mais en même temps vous aimez ce que vous avez écrit. Vous vous apercevez que vous prenez du plaisir — un plaisir de lecteur — à lire ce qui se trouve sur la page.

L'écriture est, pour finir, une série de permissions que vous vous donnez pour vous exprimer de telle ou telle manière. Pour inventer. Pour bondir. Pour voler. Pour tomber. Pour trouver votre façon personnelle de raconter et d'insister ; en fait pour trouver votre liberté intérieure. Pour être strict sans être trop sévère avec vous-même. Ne pas vous arrêter trop souvent pour relire. Vous permettre, lorsque vous osez penser que cela va bien (ou pas trop mal), simplement de continuer à ramer. Ne pas attendre la poussée de l'inspiration.

Susan Sontag, L'écriture comme lecture
12:19 27/06/04

Constat rétrospectif ·

C'est toujours plus facile de raconter sa vie quand sa vie consiste à raconter la vie des autres (voir de tous les autres).

00:47 15/04/05

L'inférence ·

Il y a les gens qui ont un blog sérieux et qui rêverait de s'épencher anonymement sur leur intimité (et qui très connement en parle sur dans leur espace partagé, qui font tout pour rater la dissimulation). Puis, il y a ceux qui ont peur de parler de choses en séries.

20:15 04/11/04

Bang ·

Message informatif potentiellement inintéressant à l'usage des gens qui me parlent et qui sont donc improbable.

Rappel des épisodes précédents

Avant d'entrer en sociologie et pour des raisons de saturation, je m'étais secrètement promis de ne jamais lire P. Bourdieu et que si jamais je devais en disserter, je me contenterai des cours éventuels pour comprendre le contenu des Saintes Paroles. Minimum Radio. Finalement, j'ai lu la moitié de ses bouquins, j'en ai parlé pendant des heures (pour en dire du bien comme du mal - et saturer à mon tour mes différents auditoires), j'ai mémoirisé un truc typiquement dans cette tradition et je creuse la piste d'un des disputants à la succession.

Avant tout ça (pour cause de fréquentation de hypotruc), je m'étais également juré que je préférerais faire l'exégèse complète de Proust* que d'essayer de comprendre n'importe quoi émanant de Deleuze. Alors aujourd'hui, j'ai dit "image-temps" et prononcé 3 fois le nom.

A l'attention de mes amis, les vrais, ceux qui m'aiment, qui me veulent du bien et qui veulent continuer à me parler, j'autorise tout témoin de récidive à me lancer des cailloux et me frapper violement (très si nécessaire).

* Oui bon ok, une partie de mon travail historique est d'en faire une lecture partielle.

On se souviendra aussi qu'en sortant du lycée et de ses fabuleux cours de philo, j'avais fait le serment de ne jamais m'intéresser aux écritures de Freud ... et on** sait tous comment ça s'est terminé.

** on = les gens qui savent pourquoi le stade de la prévention a été dépassé.