Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

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01:56 08/21/04

Mousson inutile ·

Nous nous retrouvons quelques temps après. Je regrette déjà. Je m'apprête à lui dire ce que je médite depuis un temps déjà, lui faire subir un peu de ce qu'il m'inflige. Première respiration. Il sait, il l'a étudié sous tous les angles ce soupir. Je ne suis pas celle que tu crois. Je ne suis surtout pas celle que tu vois. Il clignote ... ou bien est-ce mes paupières qui défaillent. Les mots reviennent. Plus généralement, je ne pense même pas être celle qu'il te faut. Regards fixes. Il faut réagir avant que la machine ne s'emballe. Arrête de chercher la page. J'aimerai prétendre avoir arraché les pages, celle de ce chapitre et du suivant. Il aurait suffit que je ne doute pas plongée au milieu du jeu. Arrête avec ce foutu bouquin. Arrête d'hypothéquer notre putain de réalité sur l'autel de la quête de théorie. Il réalise sans comprendre, donc il se tait. Prévisible. Sa main se rapproche de la mienne. Calmement, cette approche classique que j'ai vu se répéter des milliers de fois et déclinée à l'infini des combinaisons de situations, ce geste précis et organique s'interrompt. Dans l'affleurement de nos écorces célestes, je perçois l'entité présente, ce qu'il ne peut dire. Je murmure ma formule, étroit calcul final. Le social n'est pas une hypothèse à vérifier. Il se concentre, les yeux plissés. Maintenir son néant essentiel le brûle de contradictions. Il s'évanouit sur la table dans un brouillard de particules temporelles. Ma main s'avance vers la tasse à café, déjà froid, faisant s'envoler au passage les derniers grains de poussière. Les terrasses sont finalement le dernier lieu où je peux parler sans rêver.

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