Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Fin [Fuite]

Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.

00:47 13/02/06

Mauvais conte ·

J'ai bien réfléchi à notre situation. J'ai passé quelques heures en face d'un tas de feuilles blanches que je destinais à une explication, à l'écriture d'un conte que nous ne partagerons certainement jamais. J'ai éludé la question en me disant qu'il était déjà trop tard. J'ai toujours su que j'étais plutôt électron que macro-molécule même si en ce moment je suis étrangement sous l'effet d'attraction d'une trame énergétique un peu trop libre. J'ai certainement induit un mensonge en laissant trainer ces pages sans aucune trace sur laquelle poursuivre une conversation. J'ai toujours un peu cette envie de t'écrire mais moins que de mener jusqu'à la fin cette expérience : nous n'avons jamais découvert l'autre dans la différence d'être des inconnus réguliers. J'ai bonne espoir que tu n'en as rien à faire.

Je ne puis m'écrire. Quel est ce moi qui s'écrirait ? Au fur et à mesure qu'il entrerait dans l'écriture, l'écriture le dégonflerait, le rendrait vain ; il se produirait une dégradation progressive, dans laquelle l'image de l'autre serait, elle aussi, peu à peu entraînée (écrire sur quelque chose, c'est le périmer), un dégoût dont la conclusion ne pourrait être que : à quoi bon ?

Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux

Je n'ai pas de nouvelles. Je n'ai pas dit que j'en voulais. Je n'ai pas vraiment peur de tomber dans l'oubli. Je n'ai rien d'autre que le non-toi. Je ne suis plus terrorisé de rencontrer un regard trop furtif, d'attendre autre chose que l'attente, de voir autre chose qu'un étrange silence, de synchroniser nos erreurs plutôt que chercher dans l'absence de réactions un quelconque quoi ce soit qu'il aurait sans doute fallu cacher dans cette publicité de la modernité.

Je sens que ça va m'amuser longtemps de ne plus donner à voir sous cette déclinaison le verbe avoir.

16:21 19/12/04

Il m'arrive ·

A quoi sert une vie si sa dernière vocation n'est que vivre un sentiment de "beau", ou sa répétition, qui n'est finalement qu'une collection d'images ou de bons points distribuées par la société ?

16:05 05/11/05

Elle est un chat ·

Il y a des livres qu'on devrait feuilleter avant de les acheter et ne pas seulement se fier au titre et à la quatrième de couverture sauf si on cache un passé de sniper de la déconstruction. J'ai donc lu en entier "La logique des passions" de R. Gori (en deux fois parce que c'était quand même assez lourdingue).

"Comment rendre intelligibles les états passionnels a priori irrationnels ?" [Quatrième de couverture] La méthode utilisée par Gori pour répondre à cette question est de puiser dans son expérience de psychanalyste et de psychopathologiste. Il faut comprendre par cela à grand renfort d'histoire de la psychanalyse. Les deux grands axes discursifs sont donc théoriques (Freud et surtout Lacan — parcours amour-haine-oubli) et historique (le rapport problématique analyste/analysant(e) chez Ferenczi et Jung. The Soul Keeper, sorti en 2002, est le dernier film en date traitant de la relation entre Carl G. Jung et Sabina Spielrein). A moins donc de parler le dialecte autochtone le texte devient très vite crypté, ce qui peut parfois être drôle, et la logique pas très compréhensible. La réponse de Gori a la question "Y a-t-il une logique des passions amoureuses ?" [Quatrième de couverture] est donc positive et sa solution est le langage des psychanalystes. Logique curieuse qui fait que la meilleure voie pour comprendre la "rationalité" des passions est de prendre le cas du rapport analyste/analysant-e.

Cela pose, en fait, l'éternel problème de savoir si il faut être César pour comprendre César. Dans ce cas manifestement, la réponse est non mais aucune aide n'est donnée pour rendre cette réponse effective. Si "l'étude de l'état passionnel par la psychanalyse permet de saisir l'essence de l'amour fou ou le sens des déchirures que s'infligent les amants, ou encore la détresse de l'homme éconduit" [Quatrième de couverture, l'emphase est un rajout], est-ce qu'il faut aussi en parler par la psychanalyse et uniquement dans son langage ?

L'ouvrage fournit pourtant des pistes intéressantes quand il ne donne pas l'impression de ne faire que répondre aux questions sur le mode "Ce que les théories de Freud et Lacan aurait dit de la passion amoureuse" saupoudré de quelques cas qui font plus figure d'exemple à la théorie (sans vraiment expliquer le rapport entre les deux) plutôt que comme matériaux empiriques. Car il est clair que l'approche par le langage mène Gori sur une "réflexion inédite". L'un des symptômes de la passion (qui n'est apparemment qu'amoureuse chez Gori) est analogue au fétichisme. La passion se reflète par une paranoïa du langage, un repli pathologique dans une "quête effrénée des indices et des signes d'une trahison ou d'un aveu" [p. 212]. C'est dans et par le langage que la passion s'exprime ou plus précisément dans le décalage entre le langage conscient et le monde possible du "moment même où le savoir inconscient s'impose comme incontournable, affirme massivement son existence et son irréductibilité" [p. 224]. De cette configuration, la souffrance dû à la passion est comparable à celle de l'érotomane qui "témoigne en martyr de cette distinction du dit et du dire" [p. 252]. Il faut tout se dire pour tout savoir et ne jamais renoncer aux soupçons que chez l'autre se cache une poussée indicible, un état inavouable qu'il faut par tous les moyens découvrir. Dans l'infrastructure psychologique décrite par la théorie freudo-lacanienne, la passion trouve sa résolution dans la perte (l'enfant mort-né) de l'illusion qui coïncide possiblement avec la découverte du réel ou autrement dans la folie.

Une fois décrypté, on commence à mieux comprendre la logique psychanalytique des passions mais je trouve que la narration est un peu lourde à telle point que je me suis demandé si il n'aurait pas fallu le "aussi" par un "surtout" ou "que" quand l'ouvrage "éclaire aussi le fétichisme particulier lié à la relation passionnelle" [Quatrième de couverture, emphase par bibi]. Comme le laissait entendre la mise au pluriel du mot "passion" dans le titre, on aurait pu s'attendre à une ouverture sur la pluralité des passions et de ses modes de compréhension plutôt que de se focaliser sur un seul type de passion décrit selon un schéma très (trop ?) détaillé mais unique.

18:41 01/02/05

Cendre ·

Cette actrice qui ressemble à une fille, une connaissance, une pensée. Ses manières de faire et d'allumer. Les gens la regarde comme une spectatrice dans son infinie réalité infra-mondaine.

15:16 31/05/05

Le second jour ·

Tu ne te souviens pas, malgré ce que tu aurais pu dire, de ce jour. Nous nous courrions après sans le savoir parce que j'avais un casque sur la tête et toi rien dans le crâne. Par moments, je rêve encore de ces moments où tu n'avais pas encore trouvé ta tendre pelotte de laine à dénouer alors que moi je tentais vainement de nouer la haine qui allait nous pendre.

13:44 23/08/04

Théorie analogique ·

Les marques et leurs critiques, c'est comme les relations sexuelles pour les catho.

00:26 06/09/05

Coussin ·

En dehors de l'affreuse couverture, le dernier Lire : vaut la peine d'être lu. Au moins pour l'entretien de Yasmina Reza qui dit des choses interessantes sur la vie et la philosophie ou plutôt sur la vie de ceux qui en font. Le contact du papier ... il est sans doute inutile de jouer la morale. En plus, les photos sont jolies.

Une étrange phrase prêtée à Balzac (dossier du mois), « le romancier authentique crée ses personnages avec les directions infinies de sa vie possible » résume bien, je crois, le problème de l'affreuse couverture et du journal intime publié le plus égocentrique et narcissique du web internet — non mais plus d'une auto-photo par jour, même les vrais n'auraient pas osé.

22:56 03/10/05

Stylo ·

Etant mon personnage de fiction préféré, il aurait peut être été aimable de la prévenir que je ne l'aimais plus. Lorsque nous nous sommes croisés cette après-midi, j'ai du faire un détour incroyable pour éviter notre sujet de conversation. Mais j'ai du faire la regrettable expérience du souvenir des douleureuses leçons de conjugaison. D'abord, je sais très bien que tu n'es pas dupe et que tu vois très bien lorsque je passe devant toi en espérant que tu me retiennes par le bras et que tu ne fais rien, ce qui est tout à fait conforme à la distance qui séparera la situation de l'intuition. Tu pourrais au moins me le dire non ? Je ne fais pas vraiment semblant quand je vais à ta rencontre. Tu es mon unique lien avec la réalité, j'ai envie de partir avec la dérivée, de m'échapper de ce corps-texte qui ne sent toujours pas le moisi malgré son voyage depuis la moitié du XIXème jusqu'à nos joues. Disons que j'éprouve pour toi le même sentiment que lorsque l'on entend l'imperceptible sourire d'Oren Bloedow vers le milieu de la seconde minute de Queen of the Meadow (ça devient décidemment une véritable obsession) et que vient ensuite l'autre voix, plus habituelle. Alors pourquoi autant de retenu. Reprendre, dépendre, reprendre, défendre, reprendre les paroles que tu m'as laissé et que je traîne avec moi au fond de mon sac comme un refrain, cette angoisse textuelle de voir surgir devant moi toute ta vie, ton existence, ma religion, l'idôlatrie incompréhensible parce que j'espère qu'elle deviendra plus joyeuse, moins rituelle, plus belle, moins surréelle, plus sensuelle, moins culturelle, plus cultuelle. Tu connais mieux les règles que moi. Et tes étoiles, je veux quand même bien en porter une partie.

15:18 11/03/06

Monnaie ·

Hier soir, j'ai failli devenir un névrosé de la brosse à dent. Je venais de mettre mes nouilles dans de l'eau bouillante et un morceau de viande congelé sur une poële incandescante quand les plombs ont sauté me laissant tristement seul dans le noir avec le bruit de l'ébulition et d'un début de friture. En évitant de partir sans rien voir parce que je n'arrivais pas à allumer cette saloperie de bougie, je me suis contenté de remettre en fonction l'espèce de levier qui sert de disjoncteur et plus tard dans la soirée j'ai reposé calmement ma brosse à dent avant de me les nettoyer une seconde fois tout en prenant la décision que le bruit de la chaudière valait bien un peu de chaleur pour cette fois-ci.

23:59 05/09/05

P ·

J'en ai discuté avec pratiquement tout le monde. Oh, il me reste bien quelques devins à interroger et quelques phrases mystiques à récolter. Il y a une chose que j'admet maintenant et que je ne conteste plus. Si je vais faire Cela, c'est que je l'ai choisi. Soit. Mais ce n'est pas pour cela que je ne dois pas être angoisser quant à mes capacités à le faire. A cela, généralement la réponse est assez unanime. J'y arriverai. A écrire comme si Cela était ma discipline, nouvelle, mais déjà ancienne parce qu'on m'y voyait par erreur. Plus on me dit cela et plus j'ai envie de taire. Pour réussir, il faut que je me taise longtemps, surtout lorsque je suis devant. J'avais déjà quelques heures d'entraînement derrière moi, cela me fait donc pas vraiment peur. J'angoisse, j'angoisse et pourtant j'entame déjà ma sortie de la paroisse.

Il serait aussi bien possible que je ne sache rien. Ceci est la base du Cela. Pourtant je ne peux me résoudre à ne pas penser que si j'évolue par petits bonds, c'est effectivement parce j'ai peur de me rendre compte qu'il n'y a eu pour l'instant que de chanceux présents.

Il faut en revenir à l'origne intime du mot et de sa logique. Je me suis découvert une émotion et non la passion pour Cela. Ou l'inverse, je n'ai jamais très bien su. Le dire serait évidemment une trahison par rapport à tout ce que je suis. Un petit indice. Quelque part avant la fin, §74, Anthropologie du point de vue pragmatique (Emmanuel K.).

14:02 12/08/04

Fontes ·

La différence entre l'humanité et l'animalité, c'est l'excuse.

Ex: Dieu. Nature. Liberté. Pouvoir. Plaisir. Raison.

08:43 24/05/05

Mes mots ·

Je me souviens de tout ou de tous. Pourtant je ne veux pas parce qu'il y a une trouille monstre de comprendre, mal, et d'interpréter, trop. Je me soumet totalement à la lâcheté habituelle de laisser aux autres de décider de la réalité. Je fais très bien l'acteur dans le rôle de la personne qui se donne à savoir. Je ne sais plus depuis combien de temps, j'ai regardé autre chose qu'un plat fond. Je ne sais plus lire les nues sages.

09:38 30/07/04
21:09 02/05/05

Faim ·

Le texte est un pas qui démange la foi.

12:30 25/05/05

Dix positions ·

Alors la personne qui inventera un logiciel qui bloque l'accès aux sites de webcomics* (ou au moins aux archives) lorsque ce même logiciel détectera que c'est une periode partiel/rédaction de n'importe quoi/vie sociale qui demande de l'attention/etc.**, je suis prêt à voter "oui" pour sa nobelisation***.

* On peut imaginer la même chose avec l'accès à la partie admin des blogs et une détection des chaînes diffusant roland garros (couleur orange dominante et sons très caractéristiques).

** C'est pas difficile, il suffit, dans l'ordre, de mesurer les hausses de mots-clés google potentiellement intelligents, l'inactivité du traitement de texte ouvert, le nombre de "t la ?" dans msn ou le quota de mails recus/répondus.

*** Parce que je suis sûr qu'avec un truc comme ça le nombre de personnes pouvant nobeliser augmentera de manière spectaculaire.