Faim ·
Le texte est un pas qui démange la foi.
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Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.
Le texte est un pas qui démange la foi.
En faisant les poussières SQL, je me suis demandé comment je faisais pour écrire autant il y a un an ou deux. En relisant les petits billets qui auraient alors fêter leur anniversaire aujourd'hui, il ne m'a jamais semblé être aussi "indigent" (comme on dit en ce moment par chez nous et avec les guillemets). Il y a comme un vide en ce moment, un espace très newtonien (ou alors archimèdien avec une notion de vide) qui permettrait de dire quelque chose comme : "raconter demande deux forces substancielles, écrire et agir." De là, plus il se passe quelque chose moins l'on a le temps et l'envie de le dire.
Je marche à petits pas à la recherche d'une mythologie abandonnée. Je crois qu'il me manque en ce moment à ma vie un ensemble d'images à laquelle me rattacher. Il y a bien quelques candidats potentiels, des personnes sans qui mes paysages perdraient de leur couleur parfois criarde à en piquer les yeux. Mais il est peut-être meilleur de laisser en suspens les problèmes de la compréhension pour des raisons de commodité temporaire. Non, je crois qu'en ce moment, j'ai besoin d'instants. De petits objets temporels que je prendrai le soin de nettoyer avant de les poser sur ma cheminée pour les regarder plus tard avec nostalgie du temps toujours présent.
Il serait peut-être nécessaire de dire quelque chose de compréhensible comme par exemple, qu'il est parfois plaisant d'être une bille de flipper sujet aux lois de l'attraction même si du sujet, il ne reste que le centre de gravitation et la référence.
Ou alors une ambiance musicale (un peu niaise pour l'occasion, je vous l'accorde) serait mieux aproprié.
En dehors de l'affreuse couverture, le dernier Lire : vaut la peine d'être lu. Au moins pour l'entretien de Yasmina Reza qui dit des choses interessantes sur la vie et la philosophie ou plutôt sur la vie de ceux qui en font. Le contact du papier ... il est sans doute inutile de jouer la morale. En plus, les photos sont jolies.
Une étrange phrase prêtée à Balzac (dossier du mois), « le romancier authentique crée ses personnages avec les directions infinies de sa vie possible » résume bien, je crois, le problème de l'affreuse couverture et du journal intime publié le plus égocentrique et narcissique du web internet — non mais plus d'une auto-photo par jour, même les vrais n'auraient pas osé.
Dans quelques temps, je dirais par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre que j'écris est un moyen d'exister. C'était une erreur, je préfère me taire et j'aimerai que d'autres en fasse autant. Le silence comme acte de parole plutôt que le bruit comme symbolique de la vacuité. Il n'y a pas de salaire pour ceux qui ont goûté le charme de ne plus avoir de voix alors que les haut-parleurs font les riches. Je vous laisse deviner dans quel camp la richesse trouvera refuge. Je deviens comme les autres, les sons comme pertes. Mes mots insolubles dans la bouillie de vos connaissance. Echapper à toute forme de reconnaissance parce qu'il est hors de question d'exister sous la forme nom jamais assez brillant. Si il n'y a qu'un seul projet, c'est celui. Je ne suis pas prêt à perdre.
Assis dans le noir, lumières éteintes, il se lance de nouveaux dans de grandes questions existentielles dans le plus pur style de celle qu'il déteste écouter à longueur de journées, dont il ne cesse de condamner la nature mécanique. Il a bien réfléchi à la question de l'existentialisme justement et cette quête n'est plus pour lui. En se réveillant ce matin, il a pris exactement cette décision, parce qu'il venait de réaliser qu'il manquait de courage pour prétendre à l'existence, de force pour chasser l'illusion de celle des autres. Autres qui ont abandonné sans s'en rendre compte. Il sacrifiera son aventure dans un dernier spectacle, sa mort, celle de son existence, l'histoire, la sienne. Il aura au moins ce mérite. Il ne sera plus le héros, il ne peut pas l'être, il passera au second plan. Personnage auxiliaire, il lui faut un personnage à aider, à seconder, à pousser, à entretenir l'existence vers un but ultime, final. Nouvelle quête. L'écran s'éteint de nouveau.
Il serait assez facile d'exporter une autre scène, une autre manière d'exprimer un lieu. Moyen plaisant pour une feignante congénitale de mon calibre. Le logement exigu qui occupe une place centrale dans le mode de vie de notre petite communauté (de problèmes essentiellement) imaginée. A chaque pas, c'est le risque de bousculer une pile d'ouvrages entassés selon les besoins du moment et les horaires du métro. Dans un indicible rêve, j'apparais comme celle qu'ils n'aiment pas ou pour rien d'autres qu'une question de couleurs parce que ramassée à un moment où j'étais plus blanche que verte. Au fond, ils sont ne sont pas de bonne compagnie qu'après une soirée bien arrosée, il suffit d'aimer parler à des bêtes au sang-froid et un peu touche-à-rien.
Je dis plus souvent "je pense" ou "je crois" que "je dis". Ce qui est assez fidèle à la réalité en quelques sortes même si je pense plus rarement que je ne le dis.
Petite point d'information pour les inconscients qui voudraient en savoir d'avantage sur ma palpitante vie universitaire et ceux qui essaie encore de comprendre le comment du pourquoi mais surtout le combien et le quoi.
Résumé des épisodes précédents d'une série qui aurait pu s'apeller l'orientation la plus tordue du monde de la vie d'un étudiant qui a réussi à maintenir l'équilibre entre X années de fac et bac+X (sans avoir retapé si vous préférez). Un schéma récapitulatif (un peu daté) est toujours disponible au stand apéritif. Négligeons les détails, les doutes et autres prises de décisions qui font que la vie est telle qu'elle est ç-a-d chaotique.
A partir de la magnifique chute du feuilleton semestriel fin de saison printemps 2005, il y avait en gros deux choix : Ou bien entrer dans le monde du vrai travail où l'on est un professionnel ou bien continuer un peu les études pour devenir moi aussi un de ces survivants, ces gens qui ont perdu leurs amis par bataillon face à un ennemi vicieux et surtout mieux préparé, ces héros de la nation que l'on nomme aussi par bonne foi les thésards.
Sauf qu'avant de faire une thèse, il faut un DEA et que maintenant ça ne s'appelle plus DEA mais Master 2 fillière recherche option/mention/spécialité "Un truc qui fait sérieux". Petite musique angoissante qui indique qu'il va bientôt se passer quelque chose. Comme j'ai rarement l'habitude de faire moins de deux choses à la fois, en plus de ce que ce qui se rapprochent selon le nombre de tournesols comme le choix cohérent d'un parcours, il se trouve que je vais pratiquer un nouveau sport officiellement un sport, que certains pensent légendaires voire mythologique, de la philosophie. Certains seront décus par ce dénouement et d'autres se demanderont le besoin d'écrire tout un bazar de dire cela. Le moi ex-photographe, ex-psychologue, ex-informaticien, ex-webdesigner, eux, trouvent cela fort drôle et inattendu. Alors que le moi sociologue, ex-logicien et ex-esthète trouve cela fort rationnel. Un autre enfin dira qu'il y avait finalement plus grand chose à faire après les deux premiers cycles sauf peut être un LEA Espagnol-Roumain option Commerce des matériaux lourds mais comme des inscriptions en tibétains (ou en sanskrit, il faut encore choisir) ont déjà entamé cela n'est pas non plus si étonnant.
Ce qui implique par la même occasion écrire un mémoire secondaire dans et pour cette discipline. Un an deux mémoires, comment la littérature russe aura eu raison de ma santé mentale (récit à base de froid + été presque estival = rupture thermique). Sauf qu'un mémoire de Ca, personne ne veut m'en montrer un. Sur la forme et sur le fond, comment l'écrire et quoi écrire, je suis (on est) un peu perdu. Il y a au moins des Que sais-je (Sur amazon, oui mais ils ne sont pas très nombreux) ? Comment on fait un renvoi bibliographique ? C'est quoi le titre des revues ? Ca ressemble à quoi un prof de philo de fac ? Ca existe vraiment ? On peut en voir au zoo ?
Pour des raisons d'audience (jeune public, etc) et d'heure de diffusion, certaines scènes comportant la courte mais explicite vie des lectures philosophique de l'auteur ont été coupé lors du montage.
Surtout que jusque là, l'usage de la philosophie se résume à me renseigner sur les gens avec des noms marrants (Tarsky, Jaspers, ...) et dont les écrits le sont rarement aussi. Terminer aussi le fait de briller dans des discussions en mystifiant ses amis (la philosophie est-elle autre chose qu'une mystification ?) à placer ça et là le nom d'un type qui a une bonne tête et qui fait apparement référence dans son domaine ou juste le type qu'on sait que c'est un philosophe mais qu'on sait pas trop ce qu'il a écrit ou dit. Bref passer pour l'original local parce que c'est toujours plus amusant de lire Schopenhauer dans le RER que de faire vingt fois le tour (une fois par cours et par prof) des classiques de la sociologie. Entreprendre un vrai travail de lecture critique et non pas seulement un tourisme littéraire en prenant les clichés d'amateur interessé me donne plus que le vertige. Rien que d'évoquer ici et avec sérieux mes lectures, je me sens comme devant l'incroyable.
Sinon moi, en théorie je suis plutôt kunderien mais en intégrant la tendance kar-waienne de la clope.
Je le sais, je le sais, je le sais. Je l'ai poussée sans prévenir pour voir jusqu'où elle tomberait, s'il tendrait la main, si je tomberais aussi. Cette seconde où l'univers des possibles transforme la réalité en un manège évanouissant, je ne la regrette pas. J'ai peut être un peu seulement peur de ne pas pouvoir poursuivre à la périphérie de cette trajectoire. De ne pas savoir si cette légère déviation avec un un petit sourire et un regard ambigu fait parti d'un mouvement ou d'une collision. Je ne suis pas encore assez doué en judo pour me jeter dans sa catégorie.
Si par miracle, quelque chose, quelqu'un nous donnait ou découvrait un moyen de ramener une seule et unique personne à la vie, il y aurait plus de morts pour savoir qui choisir. Alors imaginez, si on pouvait sauver plusieurs personnes.
Action en deux mouvements. La lâcheté n'est pas seulement la fuite, elle est dans un premier temps plus particulièrement le renoncement au choix, la délégation à autrui ou à autre chose la liberté de décider et d'agir. Puis secondairement mais nécessairement, la lâcheté est l'interstice entre le renoncement et la liberté ou plus précisement le lieu où l'on attend de l'extérieur ce qu'il faudrait penser/ressentir. A partir du moment où l'univers des possibles existe, les situations d'attente interminables en sont le parfait exemple. Attendre d'être. Attendre d'avoir. Attendre l'autre. Attendre pour dire. Attendre de vivre. Attendre le bon moment. Attendre encore un peu. Attendre de savoir. Attendre un signe. Attendre l'être.
La morale de l'histoire, c'est que j'ai toujours dit que les séances de ciné de 11h et d'après 22h étaient les meilleures (surtout quand personne vous prévient qu'il y avait pas cours ce putain de lundi matin).
Je suis bien embarrassé d'avoir terminé le Milan K. que j'ai pu trouvé d'occas' (Le livre du rire et de l'oubli) alors que je n'ai pas encore fini le Sören K. que j'ai commencé en même temps (Traité du désespoir). Ce dernier auteur, en général, n'est pas difficile à lire mais bien plus compliqué à vivre. Il me faut un contre-poid pour ne pas être écrasé, pour résister de toutes mes forces et ne pas tomber comme d'habitude dans les pensées en forme de filets.
Autant l'existentialisme de Jean-Paul S. ne m'avait fait ni chaud, ni froid (et qui donc n'était pas si existentiel pour moi), autant celui de Sören K. est entrain de me scotcher au sol, dans une ultime prière. Je ne sais pas si c'est lié à la lecture parallèle ou bien une réelle analogie mais il me semble y avoir des similitudes à la fois dans un certain sens de l'ironie, l'existence comme dialectique entre l'infini et le fini, la confrontation universelle de l'être face à une représentation historique et la critique dissimulée mais violente des comportements individuels soumis à la pensée collective et l'air du temps. Il est en tout cas bien certain seul le moi qui lit pourra comprendre parce que je n'ai pas gagné des dons en littérature comparée et en philosophie ces derniers jours.
On repart pour un tour. Ouverture d'une nouvelle session : "parcours universitaire". Certains en frémissent déjà et/ou ont fermé leur navigateur (ou leur onglet).
Il y a ici un "je" qui ne sait toujours pas ce qu'il va faire l'année prochaine.
D'abord, deux formations potentiellement intéressantes et où les pour-parlers pour une validation des équivalences avaient déjà été entamés mais qui se révèlent trop peu correspondre avec l'approche déjà adoptée.
Pour l'instant, il y a surtout une hésitation entre la filière "pro" et la filière "recherche" de l'endroit où je suis actuellement. Les deux portes sont ouvertes. La première sans effort et la seconde demandera un peu plus de préparation. D'un côté, doute sur les capacités et le passé nécessaire pour se lancer dans un chemin théorique (sociologie de la connaissance esthétique) et de l'autre la facilité de rester pragmatique et envisager de sortir encore un peu plus de l'université (sociologie de la culture). Sachant évidemment que chaque choix renferme ses avantages et ses défauts pour un passage dans le non-choix.
J'ai envie de continuer à développer le côté inter-disciplinaire sociologie et analyse mathématique mais d'un autre côté, j'ai envie de participer aussi au décloisonnement entre esthétique et sociologie. Mégalomane, je tenterais bien un mix des trois. Le problème est que je n'ai certainement pas le temps de faire les deux versions en même temps et que le grand écart disciplinaire commence à devenir pesant vu que j'ai l'impression d'être le seul de mon entourage à l'entreprendre. Surtout que je n'ai pas trois jambes. J'ai aussi envie de multiplier les enquêtes de terrain, plutôt que les longues dissertations qui introduisent un futur probable. D'une manière générale, j'aimerais bien en finir avec les devoirs sur table, non pas que les devoirs sur chaises me plaisent plus mais quand je commence à avoir l'impression de répondre à un petit nombre de questions décliné selon l'humeur des profs et l'intitulé du cours.
On va pour l'instant mettre de côté la question de la profession vu que c'est déjà mon sujet de cet été.
Pour les réguliers qui suivent l'affaire depuis un certain temps et qui n'ont pas encore abandonné l'idée de trouver une logique ou un raisonnement derrière un parcours scolaire pleins de rebondissements, de suspens, de trahisons et de moments forts, j'ai une terrible nouvelle. Cette année, il faut tout de même remarquer qu'il n'est plus question de savoir si je veux faire des maths ou de la photo, de la logique ou de la littérature, entre la jardinerie et la sociologie. C'est déjà ça de gagné.
L'affreuse tentation d'ici et d'en dessous m'angoisse. Je retourne en ce moment à la case départ de cette peur d'écrire. Quant bien même, je ne le fais pas en mon nom, ni même dans un texte dont j'entame l'absurdité. Il faut remplir l'extase cible ou ne pas vider l'incompréhension. Alors dans ce temps, ça pend au nez que ma délocution elle ne retombera seulement que quand je ne serais plus dans le demi-rôle à temp complet (j'ai essayé d'être deux fois en même temps ce demi-rôle et ça ne fonctione pas. Il faut abandonner l'un des chants) de celui qui porte le costume style médiéval et assiégé.