Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Fin [Fuite]

Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.

11:52 04/06/05

Gravure ·

Printemps, été, pluie, verre de lait, fruit des bois et autres rondeurs. J'ai eu envie de t'embrasser, je t'ai fait mon numéro mais apparement tu n'as pas eu envie de frapper mes lueurs.

Moi, tu ne le sais pas. Je t'en veux dès que je pense à toi et à toutes les différences qui me font dire que vous êtes finalement très loin.

10:30 13/06/04

Tous pas pareil ·

Yves Cochet, c'est quand le seul politicien a mettre des paroles de chansons à l'intérieur de ses publications sur son site web.

15:18 11/03/06

Monnaie ·

Hier soir, j'ai failli devenir un névrosé de la brosse à dent. Je venais de mettre mes nouilles dans de l'eau bouillante et un morceau de viande congelé sur une poële incandescante quand les plombs ont sauté me laissant tristement seul dans le noir avec le bruit de l'ébulition et d'un début de friture. En évitant de partir sans rien voir parce que je n'arrivais pas à allumer cette saloperie de bougie, je me suis contenté de remettre en fonction l'espèce de levier qui sert de disjoncteur et plus tard dans la soirée j'ai reposé calmement ma brosse à dent avant de me les nettoyer une seconde fois tout en prenant la décision que le bruit de la chaudière valait bien un peu de chaleur pour cette fois-ci.

21:28 09/01/06

6, Rue Seau ·

L'inévitable « avec des si, on peut être ... » n'a pas manqué l'occasion pour faire une trop longue ré-apparition depuis que ses valises se sont défaites (ou sentent la, chantent la) sous mes yeux loin d'un petit village. Alors au départ, j'étais sorti chercher de quoi faire un feu après avoir décrocher le premier les feuilles accrochées à l'ancienne place. Mettre de côté cette entre-vie incessant de t'avouer chaque jour de nouveaux symboles, de transformer ta peau en un ouvrage de l'infini des combinaisons signalétiques et sans jamais oublier la plume d'oie en rester à l'hésitation du premier trait. Dommages. J'ai sorti le scotch et de nouveaux regards (parce que je sème aussi des indices pour mes amis lexicologues) ont fait leur apparition sur le mur dans une certaine tentative de jouer des croisées mais il faut absolument que j'arrête avec le fétichisme de la fumée.

00:33 08/09/04

Ouvre ta bouche ·

Les autres me voient rarement où je suis.

14:31 05/02/06

Et rase ·

Qui ne pourrait prendre du plaisir à la pensée d'un monde dans lequel l'intrusion n'est pas une menace, la perfection pas un idéal, la nostalgie pas une obligation ?

Susan Sontag, Le plaisir de l'image
00:24 26/11/04

Vision de la tangente ·

Cela peut s'appeler le moyen d'être trop profond. La vérité n'est pas toujours dans un puits. En somme, quand à ce qui regarde les notions qui nous intéressent de plus près, je crois qu'elle est invariablement à la surface. Nous la cherchons dans la profondeur de la vallée : c'est au sommet des montagnes que nous la découvrirons.

On trouve dans la contemplation des corps célestes des exemples et des échantillons excellents de ce genre d'erreur. Jetez sur une étoile un rapide coup d'oeil, regardez-la obliquement, en tournant vers elle la partie latérale de la rétine (beaucoup plus sensible à une lumière faible que la partie centrale) , et vous verrez l'étoile distinctement; vous aurez l'appréciation la plus juste de son éclat, éclat qui s'obscurcit à proportion que vous dirigez votre point de vue en plein sur elle.

C. Auguste Dupin, Double assassinat rue morgue, E. Poe

Il serait à l'heure actuelle plus sincère de donner au moins deux citations supplémentaires pour "triangulariser" un peu la boussolle en manque de pôles. Bien qu'une autre part de moi-même doute sérieusement de l'utilité et du caractère très vain de l'utilisation des mots. Sans doute cette conscience récente que les réductions ne sont compréhensibles que dans des espaces logiques confinés.

6.21 - La proposition de la mathématique n'exprime aucune pensée.

Tractatus Logico-Philosophicus, Ludwig Wittgenstein

Pour une raison que j'ignore, il me paraît toujours très risqué de s'appuyer sur une oeuvre dogmatique tellement on oublie parfois à quelle point cette dernière peut structurer et acheminer un point de vue aveugle, jusqu'à s'effacer et finalement oublier ce que l'on voulait dire ou plutôt qui l'on voulait faire parler. J'aimerai pouvoir remplacer l'exercice de style du "moi je, pense que" par un jeu où nous serions conscient de nos impersonnalités. L'incertitude a au moins le don de m'empêcher de parler.

Je n'ai pas suivi Scott en Inde. Je suis allé voir comment il se débrouillait, parce que je croyais sincèrement qu'il était décidé à poser des questions importantes à mes yeux. [...] Je me trompais. Ce qui l'intéressait, ce n'était pas de poser des questions mais de trouver des réponses.

Maggie, Les Larmes d'Icare, Dan Simmons

J'ai du mal en ce moment avec la notion d'image et donc également la pensée d'une personne. Rien que les objets inanimés posent déjà problèmes. Les différentes réflexions sur le mouvement dans la représentation statique sont génantes car montrer l'essence des choses, je n'arrive pas à placer les choses dans autre chose que la réalité éclairée. Tout ça pour dire que j'aimerai ne pas avoir à détourner les yeux par excès de clarté lors de nos conversations souterraines. Quelque part, je savais déjà que je dormais trop ces derniers temps.

20:39 05/09/04

Vol du thé ·

Trop de choses dans le bide qui me font mal. Trop choses dans la tête qui me font voir des mirages et un mal de crâne qui ne s'arrêtera donc jamais. L'Autre me dit que je mange trop de sucres et l'autre Autre me disait que je devrais respecter "ta plume et ta pensée: car elles le méritent". Ingratitude incarnée sans conséquence, je sais que je ne mérite rien de cela, pas plus qu'elles ne me méritent. Ces mots me donnent envie de hurler et de fuir, ce que je fais de mieux au fond. Si ce n'est le seul geste que j'exécute à la perfection. A force de chercher les bonnes raisons, on devient tout de suite plus doué pour trouver les fausses excuses. Le mérite me fait enrager. On ne mérite jamais ce qui arrive, on mérite trop souvent ce qui ne devait pas arriver. Je pourrais certainement retourner Là et raconter comment je brûle mes plumes par souvenir du bon vieux temps. Un soupir s'inquiète pour cette voix. On ne mérite pas une situation, une relation. Il y aucun mérite à vivre pas plus qu'à mourir. On ne mérite pas plus une vie paisible qu'une vie sur-active. Il est idiot de penser que l'on mérite d'aimer tant les sentiments sont parfois doués de raisons. Se sentir mérité, se sentir aimé. Le mérite est plein d'existences. J'ai envie de crier à tous qu'il n'y a rien de glorieux à mériter autrui, que dès qu'il faut se battre alors le combat est perdu d'avance. Comme si la vie ne suffisait pas. Mal. Je ne veux pas mériter. C'est encore une fois totalement congruent avec le symbolisme du dépôt des armes.

Il faut que j'arrête l'eau du robinet.

12:21 08/01/05

Souffle ·

La prochaine fois, je suis la plume.

16:40 10/04/05

Être ·

Dans le genre qui voulait tout le temps avoir la raison.

18:24 05/02/05

Natif ·

L'entrée de Ludwig W. dans l'histoire n'est pas fortuite. Elle correspond à peu près à un regain d'intérêt pour le système philosophique et religieux Zen. Sincèrement, je partage la conviction que le Tractatus est une invitation au silence et à l'action. Ludwig ne pensait-il pas avoir mis un terme à toute discussion philosophique et conseillait à ses élèves d'agir plutôt que de philosopher ? Il m'a un peu sauvé du verbillage psychanalytique dans lequel je commencais à m'enfoncer. Embrasser l'interstice laissé entre les mots, entre les existences, se croire comme un néant sans fin. Quelque part, l'intimité à laquelle invitait le tractatus a fait sur moi l'effet, je pense, proche du satôri zen.

Par nécessité et récemment conscient que cela pouvait parfois paraitre dérangeant, j'entame une transition vers Roland B., qui lui est plus en rapport avec ce que je suis censé raconter et espérant que cela remettra en route mes mots.

Autre part au même moment et en plus compréhensible. Je n'ose pas parler de synchronicité par peur d'une ignoble régression.

18:55 06/11/04

Doré ·

En fait, ce n'est pas le "je" qui pose problème. C'est l'usage qu'on en fait. Soit on l'utilise sur un mode borné et égoïste, soit on l'envisage comme un moyen, le seul, de créer un univers commun. Mona Cholet, l'esprit d'escalier (03/11/04)

D'ailleurs, ne pas dire "je" n'est pas non plus un gage d'objectivité. Ce n'est juste qu'une manière de cacher le problème de sa subjectivité plutôt que de s'en rendre compte. Mais peut-être que la vision ou l'audition du "je" provoque un choc plus grand, l'attirance par une force qui vous ramène vers la réalité des points de vue, qu'il faut se mettre à la place d'autrui pour comprendre et cet effort d'intersubjectivité est peut-être trop grand pour ceux qui pensent que les idées flottent librement au dessus de nos têtes.

Arté Radio, c'est bien. Mangez-en.

* Il faut chercher la suite dans la partie "séries"

00:07 19/02/05

Consommation ·

Changement de programme. Je met la sémiologie et tout le reste à la poubelle. Overdose inopinée de structure. Manifeste ou latente, si j'en entends encore parler condamnation immédiate à participer à une cure de désintox. Nouvelle problématique : L'inexistentialisme est-il un surréalisme ? Je vous laisse chercher où, qui et quand cela n'a pas commencé. Bonne pioche.

08:43 24/05/05

Mes mots ·

Je me souviens de tout ou de tous. Pourtant je ne veux pas parce qu'il y a une trouille monstre de comprendre, mal, et d'interpréter, trop. Je me soumet totalement à la lâcheté habituelle de laisser aux autres de décider de la réalité. Je fais très bien l'acteur dans le rôle de la personne qui se donne à savoir. Je ne sais plus depuis combien de temps, j'ai regardé autre chose qu'un plat fond. Je ne sais plus lire les nues sages.

09:49 19/06/04

Première séance ·

Ce qui est bien avec la séance de 11h, c'est que je me sens beaucoup moins seul de ne pas être le seul à être seul dans cette grande salle vide et obscure.