Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

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00:59 05/11/05

Prénoms ·

Attention, vous êtes entrain de participer à une expérience de « faire un blog ».

Les artistes à prénom sont des anéantisseurs de réalité. Comment l'appeler par son prénom, pour montrer qu'on est fan et qu'on le connaît bien alors que tout le monde le fait déjà ? L'intimité avec les artistes à prénom est impossible ou immédiate, aucun choix. Les artistes à prénom me font chier parce qu'on en parle un peu partout à la radio et à la télé ce qui fait que j'ai parfois l'impression qu'on me parle des vrais gens que je connais, Camille par exemple. « Je parle des autres parce que j’aimerais qu’on parle de moi ». Je trouve ça idiot de ne plus savoir moi-même de qui je parle quand je pense aux noms.

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Commentaires

Je ne comprends pas bien... Ce qui te fait chier c'est que des artistes se fassent appeller par leur prénom plutôt que par leur nom en entier, parce que ça te rappelle des gens que tu connais et qui portent le même, de prénom ?

Mais si une chanteuse s'appelle Camille Durand et moi aussi, sans qu'on soit pour autant la même personne, ça revient au même...

En quoi le prénom serait-il plus de l'ordre de l'intimité qu'autre chose ? En tout état de cause, un nom, ce n'est qu'un signe (linguistique) qui renvoit à un référent.

vendredi 13 mai 2005 14:51 Camille

Pour l'intime, je crois que c'est assez biaisé par mon rapport aux livres. J'imagine vraiment pas un ouvrage scientifique ou une biographie où les personnages seraient nommés par leur prénom. Ou rien que les livres-entretiens où les gens se tutoie. Quand ça arrive, j'ai l'impression d'assister à une discussion écrite plus qu'autre chose et donc pas impossible de s'introduire dedans pour "perlocuter" un peu.

En fait, c'est pas que ça me fait chier mais je trouve ça génant que quelqu'un s'approprie un référent. Je sais pas ... C'est comme si quelqu'un décidait de s'appeller par un pronom par exemple.

C'est loin d'être un truc véritable, c'est juste que moi, personnellement, j'ai un peu de mal avec le concept de nom.

vendredi 13 mai 2005 16:17 nicky

et que cette page est surtout une suite de paroles sans contrainte de réalité.

vendredi 13 mai 2005 16:18 nicky

"C'est comme si quelqu'un décidait de s'appeller par un pronom par exemple."
-> JE m'appelle toujours par un pronom...

Quant à l'appropriation d'un référent, j'en reviens à ce que je disais : nous sommes des milliers à nous appeler Camille, et, quelque part, heureusement que nous nous approprions chacun(e) ce prénom. Idem : 50% de la population est féminine, nous nous approprions le caractère féminin... Après, tout dépend le degré d'appropriation. Le truc qui me gène le plus, en ce qui me concerne, c'est l'idée qu'une personne peut se définir par un seul de ces attributs.

Ah, et puis une dernière chose : y a quand même des trucs sympas avec les patronymes. Par exemple je me rappelle les fou-rires chaque fois qu'apparaissait le nom de feu Arty Show à un générique de film...

vendredi 13 mai 2005 21:18 Camille

Ouais mais tu n'imposes pas aux autres ce pronom ... Il y a une logique des noms qui m'interroge. Il me semble qu'institutionnellement l'utilisation des prénoms situe une relation plutôt dans le familier (hors humour). Rapports de personnes à personnes que je n'ai pas avec la chanteuse en question. Les prénoms, pour moi, ça se situe un peu du côté des noms « communs » ce qui permet à plusieurs personnes d'avoir le même prénom. Ca devient effectivement génant quand une personne ne permet aux autres de s'identifier que parce qui est habituellement de l'ordre du personnel. Le mot intime était peut être mal choisi pour le coup. Bon, j'ai utilisé Camille mais j'aurai pu dire Amélie ou autre chose.

Maintenant, à chacun le droit de trouver ça gênant ou interrogeant d'appeller quelqu'un par son prénom sans la connaître. Ca n'a rien à voir mais ça me fait penser aux rois qui imposaient l'usage du pluriel pour leur adresser la parole.

C'est toujours qu'une impression personnelle mais je trouve ça génant quand les patronymes deviennent des symboles autres que personnels.

J'espère que j'aurais le droit à ce genre de remarques à propos de ta lecture de mon mémoire (;

vendredi 13 mai 2005 22:47 nicky

« En fait, ce n'est pas le "je" qui pose problème. C'est l'usage qu'on en fait. » - Doré

samedi 14 mai 2005 19:17 nicky

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