Arbre ·
La ville est une histoire de coudes. Moi, j'ai décédé pour la textualité des imprimés. D'autant plus, on m'a dit que les goules et les couleuvres ne discutent pas entre elles.
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Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.
La ville est une histoire de coudes. Moi, j'ai décédé pour la textualité des imprimés. D'autant plus, on m'a dit que les goules et les couleuvres ne discutent pas entre elles.
L'atrophie de ma sensibilité vaut-elle l'aveuglement de son immaculée pâleur alors que nos traces n'ont pas encore été recouvertes par l'impensable froideur de l'air inerte ?
Tous les matins, je m'écris la même phrase sur le bras par peur de l'oublier. Elle me dit que je suis un peu maniaque, ma seule réponse est qu'il ne s'agit que d'une obsession passagère, que tout ira moins bien demain. J'ai une idée, elle ne disparaîtra pas tant que je l'aurai sur le bras.
Le dimanche s'achevait et les deux amoureux prirent le chemin du retour ; ils étaient seuls dans le compartiment (de nouveau la petite fille babillait joyeusement) et Edouard se souvenait comme il s'était réjoui, tout récemment encore, à l'idée qu'il pourrait trouver dans le personnage facultatif d'Alice un sérieux que ses obligations ne pourraient jamais lui procurer, et il comprenait avec tristesse (les roues frappaient idylliquement les joints des rails) que l'aventure amoureuse qu'il venait de vivre avec Alice était dérisoire, faite de hasards et d'erreurs, dépourvue de sérieux et de sens ; il écoutait les paroles d'Alice, il voyait ses gestes (elle pressait sa main), et il se disait que c'étaient des signes sans signification, des billets de banque sans couverture, des poids en papier, qu'il ne pouvait pas leur accorder plus de valeur que Dieu ne pouvait en accorder à la prière de la directrice nue ; et il se dit tout à coup que tous les gens qu'il côtoyait dans cette ville n'étaient en réalité que des lignes absorbées dans une feuille de papier buvard, des êtres aux attitudes interchangeables, des créatures sans substance solide ; mais ce qui était pire, ce qui était bien pire (se dit-il ensuite), c'est qu'il n'était lui-même que l'ombre de tous ces personnages-ombres, car il épuisait toutes les ressources de son intelligence dans le seul dessein de s'adapter à eux et de les imiter, et il avait beau les imiter avec un rire intérieur, sans les prendre au sérieux, il avait beau s'efforcer par là de les ridiculiser en secret (et de justifier ainsi son effort d'adaptation), cela ne changeait rien, car une imitation, même malveillante, est encore une imitation, même une ombre qui ricane est encore une ombre, une chose seconde, dérivée, misérable.
Milan Kundera, Risibles amours
Trop de choses dans le bide qui me font mal. Trop choses dans la tête qui me font voir des mirages et un mal de crâne qui ne s'arrêtera donc jamais. L'Autre me dit que je mange trop de sucres et l'autre Autre me disait que je devrais respecter "ta plume et ta pensée: car elles le méritent". Ingratitude incarnée sans conséquence, je sais que je ne mérite rien de cela, pas plus qu'elles ne me méritent. Ces mots me donnent envie de hurler et de fuir, ce que je fais de mieux au fond. Si ce n'est le seul geste que j'exécute à la perfection. A force de chercher les bonnes raisons, on devient tout de suite plus doué pour trouver les fausses excuses. Le mérite me fait enrager. On ne mérite jamais ce qui arrive, on mérite trop souvent ce qui ne devait pas arriver. Je pourrais certainement retourner Là et raconter comment je brûle mes plumes par souvenir du bon vieux temps. Un soupir s'inquiète pour cette voix. On ne mérite pas une situation, une relation. Il y aucun mérite à vivre pas plus qu'à mourir. On ne mérite pas plus une vie paisible qu'une vie sur-active. Il est idiot de penser que l'on mérite d'aimer tant les sentiments sont parfois doués de raisons. Se sentir mérité, se sentir aimé. Le mérite est plein d'existences. J'ai envie de crier à tous qu'il n'y a rien de glorieux à mériter autrui, que dès qu'il faut se battre alors le combat est perdu d'avance. Comme si la vie ne suffisait pas. Mal. Je ne veux pas mériter. C'est encore une fois totalement congruent avec le symbolisme du dépôt des armes.
Il faut que j'arrête l'eau du robinet.
Il y a certaines personnes que j'aimerai bien comprendre.
Aucune idée des conséquences de cette régularité mais après mesure, il se trouve qu'il tombe exactement toutes les 15h24 et qu'il s'écroule tous les 4 ans et demi. Si quand même, le dernier effondrement ayant eu lieu il y a plus de 5 ans, je regarde analogiquement les docu-fictions sur les volcans nord-américains.
Moi, j'attendais simplement puisque c'était l'occupation que j'affectionnais et que je maîtrisais le mieux, attendre tout à fait immobile dans l'ombre épaisse en observant les changements ténus du monde alentour, attendre et me transformer en plante tropicale - qui agiterait très doucement son feuillage au crépuscule mais resterait presque minérale tout le long du jour. Je pensais souvent à ça, à ma transformation en plante, et ne m'habillait plus qu'en vert - un kaki armée de terre évidemment. Veronique Ovaldé, Les hommes en général me plaisent beaucoup
Expliquer la mécanique des fluides à un crétin de son calibre n'est évidemment pas une tâche aisée. Tu es la putain d'atmosphère, la compression de l'air qui me fait devenir le courant d'air d'une vie. Tu es la force invisible qui me transforme en nuage puis en tempête, la terrible bourrasque déchaînée qui souffle face à l'immonde parfum de solitude que tu prétends ne pas être. Je ne suis pas ton étrange illusion, l'impassible expression d'un désir, l'indéfinissable lieu où je peux être la fille à la barette et aux deux chignons.
Les marques et leurs critiques, c'est comme les relations sexuelles pour les catho.
J'ai croisé une fille qui avait un livre des éditions Rivages dans la poche droite de son pantalon un peu trop large. Je n'ai pas très bien vu son visage mais elle avait cette expression sans âge. J'ai croisé un garçon qui ne vivait plus que par le chiffre des maudits et à la voie un peu ringarde. Par mégarde, nous nous mettons en garde.
Dans ce croisement de regards sans égards, je ne trouve pas de parade et ne sais toujours pas quel genre ou quel style pour éviter le hasard.
A force de jouer aux cons, on finit par en avaler l'air. Sans parler des problèmes de sandales pour mammifères. Ni la consommation de somnifères.
Les philosophes ne savent pas schématiser.
Le jusquauboutisme est une question de réincarnation. Comme la passion, il est impossible de faire l'épreuve de la compréhension si on a pas vécu plus d'une fois la passation. Bien entendu, toi tu ne crois en rien, tu es un auboutiste, tu es à la fin d'un chemin, le tien et tu ne veux pas voir que tout ce que tu vois n'est pour quelqu'un d'autre que croyance, imagination et fiction. Que sur ton île quelque chose te dépassera toujours. Tu ne crois pas donc et moi non plus, je ne crois plus en toi depuis que je sais que tu ne me vois pas.
J'ai le mal de crâne de ces années que l'on comprend trop bien lorsque tôt le matin, l'on est allongé sur les marches d'un escalier en marbre, avec le parfum d'une odeur de cendres et une personne gémissant parce que ses vêtements trop grands ne sont pas les siens.