Ultérieur ·
D'un autre côté, être celui qui attend, c'est un peu se donner le beau rôle, le héros-victime qui n'a fait que user de sa patience.
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Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.
D'un autre côté, être celui qui attend, c'est un peu se donner le beau rôle, le héros-victime qui n'a fait que user de sa patience.
La différence entre l'humanité et l'animalité, c'est l'excuse.
Ex: Dieu. Nature. Liberté. Pouvoir. Plaisir. Raison.
Derrière ce dos ce cache la répétition d'un glissement régulier du passé vers le présent. Cette situation est peut être une métaphore : il y a un temps où je ne voyais pas un dos mais un visage et un regard inquisiteur. Puis vint le temps des promesses et depuis, je reste bloqué par une peur panique dès que je vois ce contour si familier que j'ai su reconnaitre sans hésiter un dimanche après-midi. Peut-être y avait-il trop d'indice mais en tout cas de voir cette présence là à quelques sièges alors que j'avais cru l'apercevoir dans les rues. Soit directement soit un souvenir de cette période. J'ai cherché vaguement des traces, des pistes sur la toile pleins de mots mais sans ton nom. Second tirage, il ne faut jamais tenter le hasard quand on cherche l'improbable. Toujours dans l'incapacité de faire ce dernier pas même si je ne souviens pas de l'avant-dernier précédent cet interminable silence. A la fin, il ne reste donc plus que ce fantasme narcissique, parfois psychotique aux alentours du quartier latin : même si ce n'est maintenant que je suis torturé par tout ce que tu étais sans le dire à travers une histoire continue et les chuchotements au fond d'une salle adolescente, je ne sais plus qui tu es. Il ne faut peut être pas tenter le chaos une fois de plus à savoir si cette absence est un accident ou une bénédiction, si c'est le moment d'arrêter de se perdre de vue ou si cette retenue des dés n'abolira pas nos parcours solitaires sans rencontre. Combien de fois n'as-tu pas pris cette décision ?
On est toujours le free style de quelqu'un d'autre.
Nous nous sommes dit que nous ne nous aimions plus. Je ne suis plus amoureuse comme toi ailleurs et autre part. Tu cherches dans un livre pour me dire que c'est normal même si tu aimerais que non. Il paraît que les sentiments sont indépendants de leur durée. Tu ne pars pas loin. Fais moi rire et arrête de te prendre pour un samuraï.
J'ai toujours eu une difficulté à écrire noir sur blanc ce qu'il me passait par la tête. La question ne concerne pas ici un problème d'inspiration de l'auteur-écrivant-lecteur-gribouilleur que je ne suis pas ou de la couleur de l'encre utilisée mais bien de l'action d'écrire. La page blanche m'inspire une certaine beauté, salir la feuille et briser l'immaculé virginité du papier demande un effort cathartique que je n'ai jamais eu pu ou su vaincre. Idem pour la vie sociale, il y a un sentiment viscéral qui m'empêche (à tort ou à raison) d'entrer une scène qui n'est pas la mienne, de rompre une harmonie déjà en place alors que je pourrais très bien être un élément de cette écho social. La disposition écrivant-lecteur propre à la scène amateur des weblogs a ceci d'apaisant, on peut s'immiscer dans la vie des gens, découvrir des personnalités sans inférer, sans réellement devenir acteur de l'histoire; à la différence du voyeurisme, il y a pas d'autres plaisirs que de découvrir les subtilités d'une (de la ?) vie et à la différence d'un roman, il y a un paradigme de réalité bien plus présent (qui n'a jamais imaginé croiser ses lectures virtuelles dans le métro). Pour comprendre la spécificité du rapport entre écrivant amateur et utilisateur de carnet virtuel, je pense qu'il faut voir cela comme un premier personnage lisant un livre où vit un second personnage qui lit le premier, l'interaction par le langage pur et le partage du vécu dans un immense paradoxe de la réalité au mieux donc une influence par l'image. Du point de vue de la relation, pour moi, les weblogs se rapprochent plus de l'aphorisme du papillon qui rêve du sage (Tchouang Tseu, aphorisme) que du besoin communautaire.
En fait, derrière tout cela, il y a une crainte bien plus humaine: la peur de l'engagement.
La prochaine fois, je suis la plume.
Mes souvenirs tiennent dans une boite à chaussures, le tiers en fait. Ils n'ont pour troisième dimension que la profondeur ridicule des souvenirs. Il manque des éléments. C'est le paradoxe entre le temps et la mémoire. J'y ai retrouvé des voyages, des amis, des camarades de classe, des sorties, des parcs d'attraction, des soirées qui se terminent tard, une fête, une amoureuse platonique et plate et quelques autres. L'une d'entre elles porte un chapeau ridicule, pari idiot pour un moment plein d'espoir. La terminaison par une photo ridicule de cinq années d'un nombre rond que je n'ai jamais réussi à boire vraiment. Ensuite rien. Il n'y a toujours pas eu de fissure. Seulement, j'ai souvent du mal à dire que je n'ai que trois années poussiéreuses et vieillissantes. Aucun regret après tout depuis l'abandon (ou pas si) soudain de l'appareil, je fais la biologie de la lecture et de l'écriture, de ceux que j'ai pû tirer de ce petit volume que j'appelle Avant et qui ne peuvent vivre que maintenant.
Pour la troisième fois au cours de ma vie, je découvre les théories de la narration. Au détour de l'analyse filmique. Les adjuvants et tout le bordel, par exemple, je me souviens très bien qu'au collège, j'avais déployé une énergie incroyable pour ne pas retenir ces schémas. Parfois, j'aimerais pouvoir expliquer ces petits glissements sémantiques dans ma vie, comment les lettres se permutent dans ce petit volume. Ma boîte à pensées, j'ai beau guetter, je ne vois, à chaque fois, que la main qui y dépose les mots.
Tranquillement assis dans mon canapé à lire un très intéressant livre mettant en scène un dialogue imaginaire entre Wittgenstein et Einstein à propos de Dieu; j'ai entendu une petite voix dans ma tête. Ma conscience, cette chieuse, est venue me parler. Si je veux arrêter de déprimer, il faut que je fasse un effort du côté de ma vie sociale. C'est comme ça. Loi naturelle et obligatoire. Il y a quelques jours, j'exposais mon point de vue sur la nécessité de vivre en couple ... Mais comme je suis pas un type particulièrement contraignant et après avoir pesé le pour et le contre, j'ai décidé que ce n'était pas une si mauvaise idée que ça (ce qui me permettra par la même occasion de vérifier que je ne suis pas effectivement quelqu'un de très social). On verra bien.
Avec l'été et ses multiples déménagements, j'ai également hérité de nouveaux voisins. Ils sont trois (Tom, Sam et Zoé), des colocataires, et ils ont l'air assez sympa et surtout bien plus sociables que moi. Quelques jours après leur installation,je suis allé les voir pour faire connaissance et ma foi, je crois que j'avais un peu sur-estimé ma misanthropie. Enfin, il faut quand même voir que pour une raison qui m'est totalement inconnue, Zoé me fait la gueule. Tom est sympa par contre mais il a l'air occupé avec son job de serveur. Puis il a un weblog ce qui en fait potentiellement une personne étrange. C'est avec Sam que ça passe le mieux et comme elle a rien d'autre à faire de ses journées (étudiante en vacances), elle passe squatter l'après-midi de temps en temps.

On déprime toujours autant mais on est deux.
Ce qui fait plaisir à ma conscience.
- Ce que nous écrivons,
- nous ne pouvons pas le dire.
- Si nous pouvions le dire,
- nous ne l'écririons pas.
- - René Char
L'action research est une nouvelle méthode d'exploration de l'action. Cela consiste essentiellement à avoir un regard critique sur ses propres actions. Je ne sais pas trop si cette méthodologie a un quelconque rapport avec l'idée émergente que la conscience est le meilleur outils du chercheur mais l'idée d'être le sujet d'une recherche objective est assez séduisante même si, par déformation disciplinaire, cela apparait comme hautement biaisé et quasiment impossible à moins de se comporter comme un automate et de se vautrer dans l'illusion que nos comportements nous sont directement intelligibles. Personnellement, la rationalisation de l'action de soi-même et non d'un objet extérieur me parait être un moyen de forcer l'objectivité en esquivant l'intersubjectivité (la compréhension partagée par autrui) sans pourtant permettre de comprendre les formes "a priori" conditionnant nos pensées (focus sur l'action et non les motivations) qui, dans une conception partagée par un grand nombre de penseurs, est la condition plus que nécessaire pour l'élaboration d'un discours scientifique.
Action puis observation, finalement ce n'est pas tant différent de la posture adoptée dans le cadre d'un weblog nombriliste, la seule chose qui change est la manière de raconter sa vie. Alors voilà, si comme moi, vous voulez devenir la personne qui prend un air pensif à chaque fois qu'elle agit et fonder ce type de comportement sur une pseudo-théorie, il y a même un guide pour écrire une thèse à base d'action research.
Conviction intime que vous ne lisez rien pour la simple raison que j'écris pas, je ne raconte même pas. Tout ce qu'il se passe en ce moment est l'exposition de ces calligraphies à fleur de peau. Il y a ceux qui écrivent leur vie, j'ai choisi de m'écrire dessus. L'écriture à même la peau ne signifie rien si il n'y a pas les morceaux corpusculaires qui tentent d'être recouverts par le méta-fort de la peau d'ici.
La vie n'est pas qu'une question de logique alors je vous la joue sans l'encodage symbolique mais je laisse le formalisme.
Il est une relation d(a,b). d(a,b) implique la non nécessité de d(b,a). d(a,b) implique la volonté ou le souhait de d(b,a). En fait la volonté et le souhait sont ici synonyme de connaissance comme moyen d'accéder à la verité. Soit l'accident de parcours d(a,b), e(d(a,b)) à savoir son énonciation ou sa transformation d'un langage latent à une action linguistique dialogique encadré par une intention de compréhension. Le problème n'est pas logique mais pragmatique (utilité d'un point de vue de l'esprit et donc de la vie). Si e(d(a,b)) implique la possibilité de la négation de d(b,a). La négation de d(b,a) implique nécessairement la négation de d(a,b). La négation de d(a,b) implique la possibilité de la négation de a.
Ceci est comme un blog et c'est un peu comme si j'emmerdais l'esprit de sérieux.
Il y a les gens qui ont un blog sérieux et qui rêverait de s'épencher anonymement sur leur intimité (et qui très connement en parle sur dans leur espace partagé, qui font tout pour rater la dissimulation). Puis, il y a ceux qui ont peur de parler de choses en séries.