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Tous les théoriciens à la mémoire courte ne méritent qu'une fessée, une déculoté historique. La simple pensée de l'effectivité et la réalité de ce que je m'apprête à faire me donne des frissons. Je vais dire qu'il faut lire Karl Kraus. Le faire sur un weblog, sociologiquement, tient du pur foutage de gueule d'autant plus quand je préfère cultiver la fulgurance plutôt que les odeurs.
Il faudrait lire Karl Kraus pour que vous compreniez le sens de la raison cynique, de la critique de fond. Son écriture est basée sur une répétition qui amplifie d'autant plus sa colère alors que dans les gamineries de notre temps, dans l'illusion du sérieux, je ne vois plus qu'un mauvais bourdonnement de tête qui me coûtera moins qu'une aspyrine et seulement la fermeture du naviagateur qui me relie à la bulle de vos idées. S'attacher aux mouvements et aux brassements de l'air ne fait que couvrir le bruit débilisant des mélodieux vômissements et entre nous, je compatis, par pitié, à la prolifération des maladies vocales.
Je n'ai rien contre l'actualité mais j'ai du mal à croire que son pluriel respecte vraiment la réalité. Les actualités au sens commun du terme ne sont qu'une rédution de la vie. Je n'ai rien contre l'actualité au contraire, tout mon quotidien est un engagement dans une lutte pour faire vivre la pluralité de ce mot. Si j'étais poète, je dirais qu'il s'agit là d'une dé-banalisation de l'actualité parce que je veux être dans le monde actuel et non pas dans un monde factuel sans actualité. J'entraîne ainsi mon entourage à ne pas s'accrocher aux décombres de l'information. Les journées resteront tout ce qu'il y a de plus ordinaire et rien de vraiment extra-ordinaire n'arrive car je ne participerai jamais à la banalisation du monde. Je fais l'effort de ne pas confondre paradoxalité et contradiction, l'une étant un évenement sociologique et l'autre une issue logique. Kant, encore, §2, de la connaissance de soi, de la faculté de connaître.
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