Stylo ·
Etant mon personnage de fiction préféré, il aurait peut être été aimable de la prévenir que je ne l'aimais plus. Lorsque nous nous sommes croisés cette après-midi, j'ai du faire un détour incroyable pour éviter notre sujet de conversation. Mais j'ai du faire la regrettable expérience du souvenir des douleureuses leçons de conjugaison. D'abord, je sais très bien que tu n'es pas dupe et que tu vois très bien lorsque je passe devant toi en espérant que tu me retiennes par le bras et que tu ne fais rien, ce qui est tout à fait conforme à la distance qui séparera la situation de l'intuition. Tu pourrais au moins me le dire non ? Je ne fais pas vraiment semblant quand je vais à ta rencontre. Tu es mon unique lien avec la réalité, j'ai envie de partir avec la dérivée, de m'échapper de ce corps-texte qui ne sent toujours pas le moisi malgré son voyage depuis la moitié du XIXème jusqu'à nos joues. Disons que j'éprouve pour toi le même sentiment que lorsque l'on entend l'imperceptible sourire d'Oren Bloedow vers le milieu de la seconde minute de Queen of the Meadow (ça devient décidemment une véritable obsession) et que vient ensuite l'autre voix, plus habituelle. Alors pourquoi autant de retenu. Reprendre, dépendre, reprendre, défendre, reprendre les paroles que tu m'as laissé et que je traîne avec moi au fond de mon sac comme un refrain, cette angoisse textuelle de voir surgir devant moi toute ta vie, ton existence, ma religion, l'idôlatrie incompréhensible parce que j'espère qu'elle deviendra plus joyeuse, moins rituelle, plus belle, moins surréelle, plus sensuelle, moins culturelle, plus cultuelle. Tu connais mieux les règles que moi. Et tes étoiles, je veux quand même bien en porter une partie.
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