Si il y a quelque chose qui me frustre bien plus que tout autre au monde, c'est bien l'absence. J'aime bien regarder lorsque je me ballade lorsque deux personnes se séparent. Stupidement, j'imagine une bande-son à la Wong Kar-Wai car inévitablement dans cette distance sans destination, j'observe attentivement la disparition de la présence, de l'émmiettement quasi-mécanique des phases hallucinatoires des pas qui perdurent trop. A ce moment là, généralement, une des personnes se retournent, c'est mon passage préféré. Cette personne jette un regard rapide, puis ralentit et se retourne, observe l'autre déjà trop loin qui se détourne sans paraître. L'incertitude est souvent la plus totale, les possibles se livrent à une escrime pour savoir à quoi ressemblera le monde actuel. La décision, toujours, sauver l'âme pour et non, l'autre marche encore. Le possible prend la fuite dans un autre jour. J'ai bien compté (sur le fait que), jamais l'Autre ne se retourne.
Entre nous, je ne vous parle pas de mes sentiments, je ne pense pas le faire, ça serait tomber dans les travers du discours imposé par la forme conventionnelle de la page personnelle. La passion est un (de mes) objets d'étude et je m'y assujetti vachement à mes écritures en ce moment. Entre nous, je préfère les frottements en soie.