Anomalie Anonyme Anomique Anamorphose d'un amour analytique

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Fin [Fuite]

Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.

14:56 11/02/05

Avant le début ·

On me présente un texte. Ce texte m'ennuie. On dirait qu'il babille. Le babil du texte, c'est seulement cette écume de langage qui se forme sous l'effet d'un simple besoin d'écriture. On n'est pas ici dans la perversion, mais dans la demande. Ecrivant son texte, le scripteur prend un langage de nourisson : impératif, automatique, inaffectueux, petite débâcle des clics ([...]) : ce sont les mouvements d'une succion sans objet, d'une oralité indifférenciée, coupée de celle qui produit les plaisirs de la gastrosophie et du langage. Vous vous adressez à moi pour que je vous lise, mais je ne suis rien d'autre pour vous que cette adresse; je ne suis à vos yeux le substitut de rien, je n'ai aucune figure (à peine celle de la Mère); je ne suis pour vous ni un corps ni même un objet (je m'en moquerais bien : ce n'est pas en moi l'âme qui réclame sa reconnaissance), mais seulement un champ, un vase d'expansion. On peut dire que finalement ce texte, vous l'avez écrit hors de toute jouissance; et ce texte-babil est en somme un texte frigide, comme l'est toute demande, avant que ne s'y forme le désir,la névrose.

Roland Barthes, Le plaisir du texte
16:25 30/04/05

Arrogance as game ·

Croire est une prétention. Le relativisme est une invitation à la naïveté. Laisser tomber la raison pour embrasser les déraisons singulières. L'autre se trompe toujours plus qu'on ne pourra l'inciter. Abandonner la certitude des savoirs. Ceux qui ne pensent pas croire sont ceux sortent toujours heureux au jeu de savoir qui sera le dernier.

22:13 21/01/05

La symétrique ·

Un affleurement de peau et une télé. Des millions de points lumineux se mettent à scintiller dans un néant profond et obscur. Un journal sans doute. Reportage sur la mort ou plutôt comment des millions de gens au Japon l'évitent. Retour quelques décennies en arrière affreux et horrible éruption volcanique en Méditerranée. Il y a toujours des vies à sauver. Au milieu de l'océan des anciens morts qui sait quel genre de moyenne en apnée on peut espérer. Un écartèlements de temps plus tard , il est toujours possible de trouver pire. D'une manière infinie, sur le plan quantitatif et qualitatif, la nature humaine est strictement pire en termes de catastrophes que la nature la plus naturelle. Des cheveux si bleus. Des yeux si foncés. look what you've done, boy. Il y a quelque chose de tellement pathétique de toujours tout vouloir réduire aux mots, à la parole, à l'énoncé ; de tellement absurde de se lancer dans ces longues litanies incessantes et ces incantations sur le pourquoi pas opposition à son contraire puis de la réjouissance du non-lieu miraculeux. Le passage de la vie à la non-vie des choses et des faits s'exécute systématique dans la petite flèche située entre le langage d'observation et le langage de transcription. Elles se ressemblent toutes. Nos vies, lorsque l'on regarde selon le critère unique de l'existence, ne peuvent que s'évaporer devant la multitude des ressemblances.

23:23 02/01/06

Rouleau ·

Le problème avec les romans de Tanizaki que j'ai eu le délice de savourer (aujourd'hui : Journal d'un vieux fou), c'est qu'ils se lisent vraiment trop vite. Malgré les efforts et l'attention pour prendre soin de chaque mot, imaginer chaque mouvement décrit, les situations qui sont pourtant lointaines, je ne peux que dévorer les pages. Et si j'avais décidé de manger réellement chaque page du livre, j'aurais sans doute mis plus de temps. La fulgurance fait parti des maladies graves et pathologiques qui se déclarent à la fin de chaque ligne. L'écriture a quelque chose d'invraisemblablement fine, rapide et directe ... plutôt lucide et longiligne. Sans pourtant se porter vers le creux, les mots coulent sur le papier sans friction et quand même l'inessentiel vient ponctuer le récit, il ne fait que confirmer que les détails futils ne viennent pas alourdir la narration pour peu que le support soit adapté en provoquant un léger décalage et non pas une atmosphère malsaine. Quelque part, je crois que toute cet art est résumé dans ''l'éloge de l'ombre" mais la matérialité littéraire dépasse l'idéal que l'on peut se faire à la lecture de ce traité incompréhensible dans un contexte qui se limite au système des signes européens et qui n'arrive pas au simple soupcon de la totalité esthétique que peut concentrer avec une telle densité aussi peu de traits d'autant plus éloignés.

17:43 04/01/05

Vert ·

Parler pour de vrai à des personnes fausses.

Parler pour de faux à des personnes vraies.

Avoir un masque pour pouvoir montrer son vrai visage.

09:40 30/07/04

Temps ·

Les histoires ne naissent pas dans les livres.

L'histoire ne s'arrêtera pour un sourire.

13:49 23/08/04

Geste manqué ·

Confondre le digicode de l'immeuble avec la sélection de boissons de la machine à café du boulot.

00:14 04/08/05

Immobilier ·

Il n'y a que les gens chiants pour parler de changements.

00:47 15/04/05

L'inférence ·

Il y a les gens qui ont un blog sérieux et qui rêverait de s'épencher anonymement sur leur intimité (et qui très connement en parle sur dans leur espace partagé, qui font tout pour rater la dissimulation). Puis, il y a ceux qui ont peur de parler de choses en séries.

10:18 28/05/05

Lire ·

Parrure orange que tu ne verras pas puisque nous-même, c'est comme un noème.

00:07 05/07/05

Dis Voir ·

Ce qui me fascine le plus dans Hallelujah de Jeff B, c'est l'espère de respiration au tout début de la piste. Je n'ai aucune idée de la signification exacte de ce son mais pour moi, c'est un peu le détail qui tue. Un souffle avant le silence qui entame tout.

23:58 12/09/05

Lac ·

Du fin fond de mon bocal, je me permet de donner mon avis sur la question de la sérénité. Parce qu'il y en une bonne et une mauvaise. La sérénité par mal-être fait façade de la pire des stupidités qui est la lucidité à propos de soi et de ce que (qui pense pouvoir penser la façon dont) l'on devrait être. Dans ses derniers retranchements, la seule vertu de ce mouvement est d'être l'unique spectacle de la feinte exercée par l'incertitude d'un miroir devant lequel on exécute des gestes en conséquence de sa réflexion/réflexivité. La sérénité sans une entière révolte contre l'esprit est une pure perte de la vérité et de la momentanéïté. Il y a donc un air paisible crétin qui sonne en fait la terrible mort de l'identité et de l'autre côté un silence frontal et absolu déchirant toute la bêtise de ceux qui croient que la paix est une question d'atmosphère. Sur la côte, il faut donc choisir l'engagement total de l'être sans quoi il n'y a qu'un lyrisme sérieux plein d'anéantissement.

21:42 02/09/05

Brise ·

A l'intersection d'une discussion, il suffit de deviner les mots, de lire les indications dans les petites cases. Elles sont comme une grille de mots croisés. Ceux qui ont des amphi le matin comprendront le sort qui attend les achevées.

00:12 24/09/05

Etre un surréalisme dans la pratique de la vie ·

Ne plus écrire n'entraine pas une perte soudaine de la grammaire mais comme en fait je n'arrête pas vraiment mais que j'ai autre chose à faire je m'exerce à la double conjugaison. C'est un peu compliqué au début mais c'est une question de passion. Ce n'est pas comme si je n'avais pas d'autres choix à faire. Surtout qu'il y a des épreuves qui me font mentir. Winter Trees de S. Plath posé innocement sur le dessus de ma pile de livres à lire avant la vraie rentrée.

Back to back. I hear an owl cry
From its cold indigo
Intolerable vowels enter my heart.

Là tout de suite, lorsque je m'y essaie, je bégaie, ma langue trébuche sur la tienne et, c'est sûr, les embuches saveur mangue balaient toutes mes tentatives pour ne pas avoir peur de tes futures angelures. Alors, je suis quand même plein d'admiration pour Abdelkader sur son estrade. Une grande partie de ma vie me donne l'envie de crier à la vengeance contre mon passé de cancre notoire et notable en littérature. Rien de perdure et surtout pas ma mémoire. Avant je ne me souvenais pas de grand chose parce que j'avais déjà autre chose à faire (être une tortue ninja, faire la course au tour du lotissement, construire une cabane secrète) alors aujourd'hui je savoure ces petites pauses parce que personne n'écoute mes tirades.

Alors comme je ne fais pas trop d'efforts pour manger le sirop de la pomme, tout se venge. Sous en entendu, je préfère lire Rimbaud.

J'inventai la couleur des voyelles ! — A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert.— Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges.

Voilà pour régler la question des dimensions, il vaut mieux en passer par l'essence. D'autant plus quand les mots se passent d'être vieux.

10:37 28/07/04

extra-centrisme ·

Ce qu'il y a d'assez désolant et parfois gonflant dans la littérature "occidentale", c'est le moment où elle se rend compte justement qu'elle est occidental et donc sujette à un effet de perspective. L'image qui me vient alors à l'esprit quand je lis les lignes de ces gens, qui pensent souvent bien mieux que moi et nous et qui, frappés par un éclair de lucidité, tente de rattraper des milliers de lignes à imposer un point de vue qu'il pensait universel, est celle du rêve typique (je tiens à signaler que je n'ai pas le souvenir de l'avoir fait) et stéréotypé où l'on se réveille tout nu dans un lieu où l'on fait d'habitude bonne figure. Il s'en suit généralement plusieurs pages sur la Rédemption culturelle et un retournement verbal proche du fouettement à coups d'orties. Ce que je préfère surtout, c'est que ce délire sur cette soudaine apparition-révélation que l'on se trompe car placé dans un point de vue particulier, n'est en rien une garantie préventive contre ses propres effets. Quand on est idiot, on a toute les chances de le rester par la suite, prise de conscience ou non. Dire "le point de vue issu de notre culture occidental" contient exactement la maladie que l'on cherche à guérir comme si "la culture occidental", à supposer qu'il y en ait une et une seule (la critique de l'unicité des choses est une thème facile et séculaire qui est déjà bien trop développé pour être repris ici), était unilatérale, monolithique et incapable de se modifier ou d'avoir incorporer ou d'être incorporé par d'autres "cultures, le bon vieux présupposé qu'intégration ou assimilation ne se font que dans un sens.