Contrainte ·
Les individualistes font les meilleurs égoïstes.
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Explication : Pouvoir être (a1)/Je (a2)/Temps (a3). La seule manière de cloturer et de boucler définitivement ces figures est d'y mettre une fin. Il y aura sans doute des mécompréhensions de cette exploration alphabétique pour toutes les personnes, qui ne sont pas de la conversation des voix depuis le début de cette aventure sans matière. Quelques ajouts et corrections mais seulement à but correctif. Vive le mélange et la forme. Bienvenue en réelle anomalie anonyme anomique.
Les individualistes font les meilleurs égoïstes.
La ville est trop courte et l'amorce est trop longue.
Ce qu'il y a d'assez désolant et parfois gonflant dans la littérature "occidentale", c'est le moment où elle se rend compte justement qu'elle est occidental et donc sujette à un effet de perspective. L'image qui me vient alors à l'esprit quand je lis les lignes de ces gens, qui pensent souvent bien mieux que moi et nous et qui, frappés par un éclair de lucidité, tente de rattraper des milliers de lignes à imposer un point de vue qu'il pensait universel, est celle du rêve typique (je tiens à signaler que je n'ai pas le souvenir de l'avoir fait) et stéréotypé où l'on se réveille tout nu dans un lieu où l'on fait d'habitude bonne figure. Il s'en suit généralement plusieurs pages sur la Rédemption culturelle et un retournement verbal proche du fouettement à coups d'orties. Ce que je préfère surtout, c'est que ce délire sur cette soudaine apparition-révélation que l'on se trompe car placé dans un point de vue particulier, n'est en rien une garantie préventive contre ses propres effets. Quand on est idiot, on a toute les chances de le rester par la suite, prise de conscience ou non. Dire "le point de vue issu de notre culture occidental" contient exactement la maladie que l'on cherche à guérir comme si "la culture occidental", à supposer qu'il y en ait une et une seule (la critique de l'unicité des choses est une thème facile et séculaire qui est déjà bien trop développé pour être repris ici), était unilatérale, monolithique et incapable de se modifier ou d'avoir incorporer ou d'être incorporé par d'autres "cultures, le bon vieux présupposé qu'intégration ou assimilation ne se font que dans un sens.
Ceux que j'aime, je ne le dis pas.
Ce que je dis, je ne l'aime pas.
Des fois, c'est une étrange de se rendre compte de l'impact que peux avoir une chanson sur plusieurs années de vie. "Subir" serait certainement un mot plus juste, mais il est encore en question de savoir si il s'agissait de la personne, de son modèle ou de la chanson en elle-même.
Je vous raconte rapidement l'histoire de La confession impudique (1956) de Junichirô Tanizaki, cela vous rappellera sans doute quelques choses.
Ce (court) roman prend la forme de deux journaux intimes. Celui d'un prof approchant de la soixantaine et de sa femme plus jeune qui écrivent sans le dire. Tanizaki y conte, avec une étrange réalité actuelle, le croisement littéraire de deux individus qui se désirent dans une tectonique de la jouissance assez complexe. Tout au long du roman où la femme et l'homme racontent tour à tour leur quotidien, on ne sait pas très bien qui lit quoi et qui sait quoi. Les deux personnages feignent tous les deux l'ignorance quant à la lecture de leurs journaux respectifs et laisse dans le domaine de l'incertain la possibilité d'une communication à travers l'écriture d'un intime indicible ; bien que de légères traces apparaissent à la fois dans la narration et dans la réalité de la fiction.
L'intérêt justement de cette forme de dialogue et de mise en scène d'une relation conjugale est la transgression de l'intime. Le lecteur est le seul dont on sait avoir connaissance des deux journaux et pourrait aussi bien être l'un des deux protagonistes lisant le journal de l'autre. La femme écrit en réponse au mari qui décide d'engager son intimité dans une écriture dont elles étaient toutes les deux absentes. Cette écriture des corps entraînent alors la femme dans un espace de non-dit ou plutôt de non-dit oral. Elle décide alors de s'engager dans cette lutte pour le plaisir qui se manifeste justement dans le secret, dans le fragment mystérieux qui échappe à la parole impossible à formuler mais manifeste.
C'est ce constant et progressif dépassement du corps de l'autre (le mari à travers l'ivresse de la femme et la femme à travers l'incapacité du mari à dépasser le fantasme d'un amant) dont chacun jouissent tour à tour qui est au cœur de cet impudique mais ironique configuration des êtres. Cette agression et irruption dans le secret du partenaire se fait sans violence et dans toute la perversion par la médiation d'une sublimation dans le silence. Les deux personnages principaux ne font face à rien d'autre que la brutale psychologie de leurs plaisirs et de la rigueur sociologique de leur espace clos.
La force de cet ouvrage est peut être justement de nous faire oublier que l'on est entrain de lire deux journaux. La seule forme ou structure qui laisse croire cela est l'utilisation des dates. L'identité des premières personnes alternées ne se révèlent que par le jeu de l'évocation d'autrui et donc de l'intimité des relations sociales. Sous les mensonges et les faux-semblants, nous sommes entraîner dans le même jeu pervers que se livre Iku et son mari. Tanizaki laisse également le doute sur ce collage (rétrospectivement opéré par la subjectivité de la femme ?) pour mieux forcer le point de vue et oublier les éléments de décors dont les personnages annexes comme Toshi et Imura alors que le personnage central de ces quelques pages fulgurantes est l'avidité du désir humain dépassant ses propres contenants jusqu'à la destruction. On est prévenu dès la quatrième de couverture (et dans la préface), l'un des deux meurt mais l'autre ne disparaît-il pas aussi avec la disparition de la confrontation ?
Vous. Je crois que dans tout processus d'écriture à un moment donné ou un autre, on commencer à s'interroger à propos des personnes à qui on s'adresse. Je dis donc vous alors qu'il s'agit certainement plus d'un petit groupe de tu voletant au gré des courants d'air. Ou alors c'est seulement ma dernière tentative avortée de problématisation ("Stratégie culturelle: publics ou spectateurs ?") qui me poussent à nouveau à généraliser mes essais de généralisations sociologiques. D'ailleurs, je crois que je a la même valeur que ce vous. Contrairement, n'ayons pas peur de la pédanterie, aux publications scientifiques, écrire des choses personnelles, subjectives ou même seulement individuels demande bien plus de recul que son contraire, une écriture plus centré sur un objet précis dont tout le monde s'attend à un discours le concernant. Pour me faciliter la vie, je m'écris à moi-même en imaginant que vous êtes comme je parce que contrairement à un je qui s'adresse à un vous ciblé, j'ai envie de dire toutes ces choses qui me passent par la tête plutôt que toutes ces choses qui doivent vous passer la tête.
Un bon bouquin de vacances est généralement un gros pavé qui doit prendre un maximum de temps possible à lire. Essentiellement pour éviter de transporter plus de livres que de vêtements quand on part pour une période dépassant la semaine; considération totalement utilitariste mais qui fait toute la différence au moment de faire les bagages. De ce point de vue là, Vacances Indiennes de W. Sutcliffe n'est pas une franche réussite. Il est lisible en journée ou moins. Vous le prenez le matin et vous le finissez en milieu d'après-midi pour peu que vous soyez seul dans votre bureau et avec une gestion personnalisable des pauses. Parallèlement un bouquin de vacances ne doit pas être chiant (sinon ça serait trop facile de faire un livre long à lire parce que chiant à lire) ou déprimant (sinon ça sert à rien de partir en vacances si ce n'est pas pour se relaxer un peu); des auteurs comme Dostoïevsky ou Joyce sont donc exclus d'office du palmarès des meilleurs bouquins de vacances. Le livre de Sutcliffe, par contre, de ce point de vue là s'en tire beaucoup mieux. Il est très drôle, très captivant, très facile à lire, très tout ce qu'on veut pour se détendre (de la même manière, un traité de philosophie ne peut pas concourir dans la catégorie bouquin de vacances). Les personnages sont attachants et pourtant très stéréotypés mais jouant un rôle prépondérant dans les situations comiques. Cela donnerait presque envie de partir en Inde ou de se foutre gentillement de la gueule des gens qui sont partis crapahuter à l'occidental façon touriste colonial ou routard anthropologue, voyageur de l'extrême et à la conquête de l'exotique et de l'Asie. Comme je ne me suis toujours pas améliorer en résumé de livre, je me contenterai de m'abstenir d'en rester là.
Cela commence par l'histoire de quelqu'un qui commence à faire des études de mathématiques parce qu'il y a une notion de beau dans les infinis d'Escher.
Cela finit par l'histoire de cette même personne, qui par mirroirs interposés*, rédige (ou tente de le faire) un projet d'étude sur l'écriture personnelle.
Prochaine étape, trouver quelque chose qui ne me rappelle pas qu'il y a quelque chose de fondamentalement étrange dans le déroulement de ma vie comme cette impression actuelle d'être de manière persistante en transition quantique vers une quantité improbable d'états incertains.
*: Référence, obscure et pouvant être mal interprétée, à "Reproduction Interdite" de R. Magritte en couverture de L'homme pluriel de B. Lahire.
Loin d'être positiviste, je ne pense même pas être positif. Plus sincèrement, je crois que ma présence est uniquement motivée à faire comprendre que les sciences sociales ne riment pas avec aides sociales. D'ailleurs, je ne suis pas socialiste, ni social, ni sociable. Antisocial mais je garde mon sang froid. Ce n'était pas cette chanson là que je voulais chanter.
Ce que je serai si je n'étais pas moi.
On en vient pas à l'écriture sur soie avec des stylos billes, des feutres ou même un stylo plume ; autant se faire un t-shirt et le commander sur internet. On ne jette pas l'ancre comme ça, sans comprendre que le trait se diffusera sur cette matière/non-matière au toucher si liquide.
Tous les théoriciens à la mémoire courte ne méritent qu'une fessée, une déculoté historique. La simple pensée de l'effectivité et la réalité de ce que je m'apprête à faire me donne des frissons. Je vais dire qu'il faut lire Karl Kraus. Le faire sur un weblog, sociologiquement, tient du pur foutage de gueule d'autant plus quand je préfère cultiver la fulgurance plutôt que les odeurs.
Il faudrait lire Karl Kraus pour que vous compreniez le sens de la raison cynique, de la critique de fond. Son écriture est basée sur une répétition qui amplifie d'autant plus sa colère alors que dans les gamineries de notre temps, dans l'illusion du sérieux, je ne vois plus qu'un mauvais bourdonnement de tête qui me coûtera moins qu'une aspyrine et seulement la fermeture du naviagateur qui me relie à la bulle de vos idées. S'attacher aux mouvements et aux brassements de l'air ne fait que couvrir le bruit débilisant des mélodieux vômissements et entre nous, je compatis, par pitié, à la prolifération des maladies vocales.
Je n'ai rien contre l'actualité mais j'ai du mal à croire que son pluriel respecte vraiment la réalité. Les actualités au sens commun du terme ne sont qu'une rédution de la vie. Je n'ai rien contre l'actualité au contraire, tout mon quotidien est un engagement dans une lutte pour faire vivre la pluralité de ce mot. Si j'étais poète, je dirais qu'il s'agit là d'une dé-banalisation de l'actualité parce que je veux être dans le monde actuel et non pas dans un monde factuel sans actualité. J'entraîne ainsi mon entourage à ne pas s'accrocher aux décombres de l'information. Les journées resteront tout ce qu'il y a de plus ordinaire et rien de vraiment extra-ordinaire n'arrive car je ne participerai jamais à la banalisation du monde. Je fais l'effort de ne pas confondre paradoxalité et contradiction, l'une étant un évenement sociologique et l'autre une issue logique. Kant, encore, §2, de la connaissance de soi, de la faculté de connaître.