Je remplis ma bibliothèque 13.11.2009
- De la guerre, Carl Von Clausewitz
- Philosophie, Karl Marx
- L’amitié, Cicéron
- Le bonheur, Cicéron
- Si l’Europe s’éveille …, Peter Sloterdijk
Me suis remis au sujet de ma thèse mais je continue quelques exercices sur la théorie (sociale) de l’argumentation. Pour garder la forme. Et peut être pister un lien mais c’est encore embryonnaire.
J’avais planifié la lecture de Philosophy and social hope pour l’essai futurologique sur les USA en 2050. Très intéressant et visionnaire dans la manière de replacer l’esprit et la culture philosophique guidant cette nation. Cela change un peu des regards myopes issus de la géopolitique actuelle.
Si JPod ne m’avait pas emballé au final, cela reste un bon roman contemporain. Je me demande à quel point il est compréhensible pour qui ne maitriserait pas le jarguon des geeks. Je pensais par exemple que Microserfs me plairait mieux au fina mais son côté daté le rend maintenat un peu décalé si l’on a pas en mémoire quelques documentaires sur l’époque glorieuse de la Sillicon Valley, la mythologie de Microsoft ainsi que ce concept un peu archaïque qu’est la Culture d’Entreprise.
C’est en flanant à la librairie de la Tate Modern que je suis tombé sur ces ouvrages. Je n’étais pas allé à Londres du tout dans l’optique de remplir ma bibliothèque mais l’idée d’avoir à ma disposition les essais de Sontag directement en papier plutôt que de les glaner à droite et à gauche sur le net (je ne sais pas combien de fois, j’ai cherché Against Interpretation) m’a paru assez lumineuse.
Sontag fait parti de ces auteurs que je regrette parfois de ne pas assez citer. C’est grâce à ses écrits que je dois mon opinion et mon regard sur la pratique photographique (plus que Bourdieu) et les quelques mots de L’écriture-même ont un certain rôle dans ma fascination pour la parole de Barthes.
Ces trois là c’était pour un ami (de lutte et de débat) expatrié en Hongrie. Il lui fallait de la lecture et continuer à devenir fort. Je met la liste pour ceux qui serait en panne d’idée et qui cherche un présent pour amateur du Traité des 5 roues par exemple. Relu récemment, ça reste quand même un grand enseignement dans le rapport entre maîtrise de la technique et clarté de la pensée.
Je regrette un peu d’avoir à lire et de remplir ma bibliothèque de versions françaises. C’est le prix à payer pour augmenter un peu le rythme. J’espère pouvoir passer aux versions anglophones de façon plus systématique et peut être aussi l’allemand.
Une année spécialement fournie en lecture, d’autant plus qu’une bonne moitié était consacré à la constitution de ma bibliographie de recherche. Pourtant je n’ai pas démordu de mon ratio 1 roman pour 1 livre scientifique. Cette année je rajoute aussi les livres d’informatique et de design. Histoire de ne pas laisser tout ça dans un carnet de lecture, voilà une sélection : 1 selectionné pour 6 nominés.
Globalement deux critères ont joué un rôle dans la sélection : la représentativité par rapport à ma recherche (et donc quelque part les influences importantes) ainsi que les ouvrages qui peuvent également faire figure d’introduction ou de découverte d’une discipline.
Les résultats après la coupure.
N.B : On va dire que les livres se faisant suite ne comptent que comme un.
Cité Hannah Arendt comme source d’inspiration philosophique ne devrait pas être une source d’ennui pourtant le milieu universitaire français à développer un étrange refus d’incorporer cette auteure à son corpus canonique. Dans le même style, vous pouvez aussi essayer de parler de Walter Benjamin mais il faut se préparer à esquiver les différentes attaques sur la sériosité de ces auteurs.
La crise de la culture est pourtant un ouvrage majeur dans la compréhension historique et philosophique de la théorie politique. Il me semble pas y avoir de travaux proposant une explication aussi claire et simple des thèmes fondateurs de la vie politique. Ici, il est plus question d’une division qui règne dans nos vies quotidiennes et qui collent de près à nos manières de pensées qu’ils peuvent parfois paraître évident. Le regard d’Hannah Arendt est intéressant car il fait recadre des notions comme celle d’autorité dans leur contexte historique. Avant de s’attaquer la dimension psychologique (et ainsi précédé la lecture de Etudes sur la personnalité autoritaire (T. Adorno), il m’a semblé salvateur de voir comment le positionnement par rapport au schéma banal de l’ordre s’ancrait dans un univers de pratiques en mobilisation permanente.
Les vainqueurs des parties universitaires sont un peu les has-been du milieu. Il paraissait donc que Foucault était démodé et dépassé. Mea culpa, j’ai beaucoup parlé et discuté de Foucault grâce aux critiques et aux commentaires ; c’est d’ailleurs un sport partagé par mal des personnes qui en parlent. Lire Surveiller et punir est certainement le meileur moyen de découvrir le génie au moins littéraire de Foucault. Quoi que l’on pense de la théorie, il faut au moins lire cet ouvrage pour voir à quoi ressemble un bel essai socio-historique la genèse et la mise en place du dispositif généralisé de contrôle qui gouverne nos sociétés.
C’est un peu la surprise de l’été. Je ne pensais pas avoir le temps de lire un roman pendant l’été à cause de diverses charettes, je pensais partir avec un livre léger dans mes bagages et je me suis retrouvé avec un sacré coup dans le bide en plein milieu d’une semaine ensoleillé. Bien content de ne pas revivre l’expérience C&C (= Un été, 1 semaine de congé, Pas de colocs depuis 3 semaines, vie nocturne et Crime et Chatiment précédé, suivi, emmellé de Kierkegaard).
Ce livre est tout bonnement un incontournable de la littérature francophone contemporaine. Tous les ingrédients d’un bon roman sont réunis : des modalités narratives vertigineuses où la chorégraphie des voix ressemble à un veritable spectacle, une profondeur des personnages qu’on regrette de ne pas connaître en vrai, un regard sur les temps de la vie et le chaos des collisions existentielles.
Les autres romans de Nancy Huston sont également à lire (même l’été).
L’ouvrage est difficilement trouvable en librairie mais il est à consulté pour toute personne qui s’intéresse au rapport entre esthétique visuelle et information. De quoi voir d’un autre oeil tous les schémas, diagrammes, cartes et autres outils de communication de l’information qui grouillent dans notre environnement et qui sont le fruit d’un travail souvent mal reconnus. Ce livre est idéal pour comprendre et découvrir les métiers qui sont liés au pendant graphique du design de l’information mais aussi à reconnaître toute la créativité nécessaire pour mêler sens et esthétique.
Il y a des livres comme ça qu’on voudrait pouvoir poser au milieu de l’open space et déclarer que ça sera la nouvelle bible en ce qui concerne le développement, l’érgonomie, la conception du travail, son organisation etc. Ce livre est de ce genre : sacré. Il pousse le langage du design d’interface à un niveau analytique en engageant une discussion raisonnée sur les concepts et la pratique des interfaces vécus par les usagers. Plus complet que The Elements of User Experience de J. Garrett (que l’on offrira plus volontiers aux collaborateurs pour donner un point de vue synthétique sur l’organisation moderne du travail en développement web), About Face 3 pose les bases d’un langage pour parler de la construction d’applications et du système d’éléments visuels et interactifs associés aux paradigmes actuels.
Oui ça fait beaucoup de vrai papier et des vrais arbres qui prennent maintenant le chemin de mes étagères. Certains de ces ouvrages ont été consulté en bibliothèque mais je regrette de n’avoir trouvé peu en version électronique. Surtout que je me pose actuellement la question du papier électronique au moins pour ce qui concerne les articles mais je n’ai trouvé aucun retour ou récit de personnes ayant tenté les articles scientifiques sur un outil comme le Cybook Gen 3 et l’Iliad reste définitivement trop cher.
© T-K Duong / 2064 B.C - 3589 A.C / An=b.log(n) [† 2002-2004] + a.a.a [† 2004-2007] + web*somathic [† 2003-2007] + JDR [2006- ?]