Alors elle ressemblait à ça l’époque où les gens avaient le temps de dire des choses intéressantes et intelligentes sur la nature, la société, le rapport à la technique et la science ? C’est à se demander dans quel placard est planqué le corps de la modernité.
A la vue des petites vidéos réalisées par universal everything pour le reveal du logo, je crois comprendre l’intention initiale : l’apparition de la simplicité. Je dois dire que je suis assez impressionné par l’impact de ces vidéos qui montrent aussi puissamment que simplement la généralité du concept.
Universal everything est également l’agence à l’origine de la série advanced beauty.
Seed a publié récemment une série d’interviews assez intéressantes sur le paradigme des deux cultures et dont la sociologie s’est, il n’y pas si longtemps, rêvée être une troisième voie médiane. Ca mérite le détour pour s’initier un peu aux discours actuels sur cet autre débat de l’épistémologie sociale des sciences humaines.
En parlant de “Culture”, à force de lire Sloterdijk, je crois que j’ai fini par inconsciemment intérioriser que le sens de ce mot, une fois débarassé de sa perspective moderniste et progressiste, n’était au final qu’un autre signifiant pour énoncer le principe de dressage globalisé de l’humain par l’humain. C’est n’est qu’en retournant dernièrement sur UBU WEB pour écouter les conférences de Barthes sur le vivre ensemble et le désir de neutre que je redécouvre la propre perspective de la tradition de pensée que je peux véhiculer à travers mon discours quotidien sans m’en rendre compte ; les engagements et les paradigmes mobilisés afin mieux construire une indiscipline sont formulés avec un tel sens de la sobriété, de la simplicité et de la clareté dans ces conférences qu’ils me réduisent au silence, non pas par fatigue (un des thèmes du second cycle) mais parce qu’ils ont le don de tranquiliser en faisant croire que tout n’a pas seulement été dit, mais que cela a été bien dit. A quoi bon alors autre chose que l’incorporation/incarnation ? Cela ne fait que renforcer cette impression que le langage s’impose à la pensée et je n’arrive toujours pas à me défaire de ce sentiment de méfiance qui s’avance alors. La plupart des scientifiques qui se positionnent en utilisant ce genre de mot comme d’un simple symbole ne demandant aucun sacrifice de principes me laissent complètement indifférents. On sait tous vers quel genre de débat stérile d’épistémologie naïve la discussion va tendre.
Lors de ma première année de doctorat, je me souviens encore de mon étonnement lorsqu’il s’est avéré que même chez les scientifiques un peu dures (des matheux et des informaticiens) le partage des connaissances y était loin d’être aussi spontané que pouvait le laisser penser le sens commun. Même si les justifications sur les stratégies de publication sont tout à faire recevable, je reste un fervent défenseur des sciences commons
Du coup, c’est le moment ou jamais de partager cette petite vidéo qui tente d’expliquer en deux minutes l’équivalent opensource du travail scientifique :
Pour les plus sceptiques qui rétorqueront que ça fait d’autant plus de données, qu’on a déjà assez de mal comme ça à être à peu prêt à jour dans la littérature, je vous partage cette petite citation trouvé hier soir :
Simplicity can also be understood as condensed information instead of filtered information. It makes complexity understandable instead of eliminating it.
Oscar Wilde
C’est étrange non cette convergence entre recherche de simplicité et compréhension de la complexité ? Je vous laisser deviner pourquoi ça fait au moins un an la visualisation de données et du design d’information me semblent être la passerelle inévitable entre sciences et design.
Bon à vrai dire, je suis assez dubitatif en ce qui concerne la philosophie expérimentale. Ce mouvement philosophique tire son originalité par la prédominance d’une approche expérimentale. Autrement dit, des questionnaires. Source de ma perplexité, je n’ai pas vraiment fouillé le sujet mais je n’ai pas trop bien saisi la différence par rapport à, disons pour commencer, la psychologie sociale et la folk psychologie qui s’occupent également des jugements moraux. J’ai également du mal à voir si l’absence de regard critique sur la méthodologie de l’enquête par questionnaire est voulu ou bien est remis à plus tard. Ce n’est pas non plus comme si cette question n’agitait pas sociologues et psychologues à propos de leur discipline. Puis bon, une différence méthodologique suffit-elle à qualifier un mouvement intellectuel ?
Saluons tout de même la noble intention de sortir la philosophie de ses fauteuils bien confortables … Bon mais anthropologue, le cul entre philosophie et sciences humaines et sociales, c’est de la philosophie über-expérimentale ?
Tout ça pour dire que j’ai trouvé cette vidéosur rhizome et que malgré mes sarcasmes, c’est bien la première fois que les dilemnes des philosophes me semblent aussi compréhensifs. Hé mais ça ne serait pas une conséquence de la mise en forme des données (pourquoi on en a, comment on en fait, ce qu’on en fait, comment on les présente) ? Bon ok j’arrête.
Faire de la psychologie sur youtube, ça devient de la pop psychologie du coup non ? Argh.
Une petite vidéo en souvenir d’un vendredi après-midi à l’agence où l’on est tous ressorti un peu étourdi par le bruit et les vapeurs de peinture mais aussi pleins d’énergie en prévision de la personnalisation de notre ancien futur nouvel espace. Tout ce qui reste maintenant est un mur absent nous permettant de profiter d’un bel espace de travail zen (sauf quand on y met de la musique .
C’est souvent la croix et la bannière pour expliquer correctement ce qu’on entend par système complexe et émergence. L’étude des comportements et de la structuration sociétale des colonies de fourmi est un des exemples-phares de la multiplicité des échelles étudiées dans les programmes systèmes complexes.
Cette vidéo a le mérite de montrer assez clairement entre le passage entre les échelles rôles/interaction/vie de la colonie plutôt que la stigmergie, l’utilisation des traces laissées dans l’environnement, qui y fait une petite apparition et est l’autre facette importante de l’étude des fourmis.
Mais avec Daft Bodies, il y a maintenant des gens qui ont encore plus trop de temps et dans des pays où il est possible de faire des chorégraphies en maillot de bain au mois de novembre.